Africa-Press – Niger. Déterminées à participer au développement socio-économique de la communauté, les femmes nigériennes s’adonnent de plus en plus aux activités génératrices de revenus. Seules, en coopérative ou en association, elles se lancent dans divers domaines pour se former, réaliser leurs rêves, gagner leur autonomie, afin de lutter activement contre le chômage et améliorer leurs conditions de vie. C’est dans cette démarche que s’inscrit l’initiative de Mme Chaibou Aïcha, promotrice de la coopérative «Son Kowa‘‘, regroupant une trentaine de femmes. La structure, située au quartier Taladjé de Niamey, a été créée en 2019 avant de débuter ses activités en 2020.
À ce jour, Mme Chaibou Aïcha, la présidente de Son Kowa, affirme avec fierté avoir contribué sur fonds propres et gratuitement à la formation de plus de 1 000 femmes et jeunes filles aux activités génératrices de revenus dans différents domaines dont la transformation agroalimentaire, la fabrication de savons à base d’huile d’arachide et curcuma, la pâtisserie, la restauration, l’esthétique, la mode, la décoration, la fabrication des encens traditionnels. « Je prends en charge tous les frais en lien avec la formation et l’apprentissage est gratuit. J’apprends ces petits métiers à ces femmes pour les aider à s’en sortir car certaines sont orphelines, d’autres démunies ou sans emploi, et quand les moyens financiers font défaut, on a un système collectif de cotisation nous permettant de fabriquer nos produits, les revendre et partager les bénéfices », a-t-elle confié.
Au sein de ce réseau de femmes engagées, Mme Aïcha emploie 7 autres femmes permanentes qui l’aident pour les grosses productions ou pour la formation des participantes. « Je forme plus de 50 femmes ici. Dès qu’il y a un besoin, elles sont là et chacune apprend une activité qu’elle pourra reproduire afin de garantir son autonomisation et l’aider à subvenir à ses besoins ou ceux de sa famille », dit-elle. Trois de ces femmes ont réussi à créer leur propre entreprise suite à ces formations et elles exercent librement leurs activités aujourd’hui tout en aidant d’autres femmes à émerger, se réjouit Mme Chaibou Aïcha.
Les produits sont vendus soit par les apprenantes, soit au niveau de différents points de vente comme les boutiques, auprès des tabliers dans certains quartiers. Pour les prix, la présidente de Son Kowa explique qu’ils varient en fonction de la qualité, de la quantité et de la nature du produit mais, assure-t-elle, ils restent très abordables à toutes les bourses. « Les prix varient de 500 à 5 000 FCFA mais, ça peut aller au-delà en fonction de la demande du client ou du produit », précise-t-elle. Pour fabriquer des produits de qualité répondant aux besoins des consommateurs, la promotrice s’approvisionne dans différents pays et au Niger afin de valoriser les produits locaux et promouvoir leur consommation. « Pour nos matières premières, la plupart proviennent de Dubaï, du Tchad, du Nigeria, du Bénin, de Zinder ou de la région de Maradi mais, on peut également commander les matières d’autres pays au besoin », a-t-elle indiqué.
Malgré le succès que connaissent ses activités, Mme Chaibou Aïcha mentionne plusieurs difficultés qui entravent parfois la production. « Au début, j’avais un problème de local mais ce dernier a pu être résolu. Par la suite, on est très souvent confronté à l’insuffisance ou le manque d’emballages pour les produits fabriqués. Mais, on essaie avec l’appui des partenaires d’y remédier ». Par ailleurs, la promotrice appelle les femmes et la jeunesse nigérienne afin d’œuvrer ensemble à l’autonomisation de la femme, des couches vulnérables et au développement socioéconomique du pays. Quant aux partenaires techniques et financiers, elle sollicite leur accompagnement continu afin de garantir aux initiatives une pérennisation efficace. « Il est temps de se réveiller et de se battre. L’accompagnement nous donne de la force et nous permet de continuer à défendre cette noble cause », lance Mme Chaibou Aïcha.
Afin d’étendre son réseau et faire connaître la coopérative et ses productions, Mme Chaibou Aïcha a participé à plusieurs foires dont le FONAF, le SAHEL, le SAFEM. Aussi, elle annonce que l’association va organiser une foire pour davantage valoriser le savoir-faire des femmes nigériennes, faire connaître les produits locaux et leur transformation et créer un large réseau. Cette première édition de la Semaine des Coopératives Féminines du Niger(SEMCOFEN) permettra d’exposer, de vendre et former les femmes. Elle se tiendra du 15 au 19 janvier 2026 à l’Institut National des Arts et de la Culture avec pour thème « Femme coopératrice: Actrice de résilience et de développement durable ».
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Niger, suivez Africa-Press





