Africa-Press – Niger. En marge de la visite de travail du Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Technologique à l’Université de Diffa (UDA), une initiative scientifique et communautaire d’une portée stratégique a particulièrement retenu l’attention. Il s’agit du Projet FOVAC, porté avec engagement et conviction par Professeure KIARI FOUGOU Hadiza, enseignante-chercheure à l’Université de Diffa et coordinatrice dudit Projet.
Dans un contexte national marqué par la Refondation et la quête de souveraineté alimentaire, le projet FOVAC apparaît comme une réponse concrète, innovante et durable face aux défis climatiques et agropastoraux auxquels fait face la région de Diffa, et plus largement le Bassin du lac Tchad.
Dans un entretien accordé au correspondant régional de l’ANP à Diffa, Professeur Hadiza Kiari Fougou explique de manière méthodique les tenants et les aboutissants de ce projet innovant.
Intitulé « Building multi-use forage’s value-chains for continued adaptation of pastoral activities to climate change in neighboring Chad, Cameroon and Niger », le Projet FOVAC, dit-elle, vise à construire des chaînes de valeur de fourrages à usages multiples pour favoriser une adaptation durable des activités pastorales face au changement climatique au Tchad, au Cameroun et au Niger.
Mis en œuvre par un consortium régional et international réunissant l’Institut de Recherche en Élevage pour le Développement (IRED), la Plateforme Pastorale du Tchad (PPT), le CIRAD, l’Université de Diffa et l’Université de Maroua (Cameroun), le projet est exécuté dans le cadre de la composante territoriale Lac Tchad du Projet PETRADEP, géré par la GIZ, avec le financement de l’Union européenne, pour la période 2025-2027.
Son objectif global est clair: accélérer l’adoption d’innovations en polyculture fourragère et en gestion des effluents d’élevage, afin de promouvoir une utilisation pacifique et durable des ressources agropastorales dans des zones sahéliennes fortement exposées à la dégradation des pâturages, à la raréfaction de l’eau et aux effets du changement climatique.
Des actions concrètes, des résultats mesurables
À court terme, le FOVAC s’articule autour de deux grandes composantes. La première porte sur le co-développement et la diffusion d’innovations issues de l’intégration agriculture-élevage (IAA). Elle prévoit notamment la multiplication et l’adoption du fourrage irrigué Maralfalfa (Pennisetum purpureum) au profit de 100 ménages, ainsi que la production et la diffusion de semences de niébé fourrager « T 58-74 » dans 200 ménages.
La seconde composante est axée sur la co-construction et le partage des connaissances, avec l’ambition de soutenir la chaîne de valeur de l’alimentation animale, de renforcer les capacités des acteurs locaux et d’inscrire les résultats du projet dans le dialogue science–politique.
À long terme, FOVAC ambitionne de réduire les conflits d’usage autour des ressources naturelles, d’accompagner l’élaboration du Schéma d’Aménagement Foncier (SAF) et de renforcer la résilience des communautés face aux aléas climatiques, tout en contribuant à la croissance économique et à l’accès accru à la nourriture.
L’Université de Diffa, laboratoire d’innovations agropastorales
Au cœur de cette dynamique, l’Université de Diffa joue un rôle central à travers la mise en place d’un site pilote – champ-école – dédié à la formation pratique des étudiants. À l’échelle universitaire, le projet prévoit la production d’un hectare de niébé fourrager, soit une tonne de semences, et la multiplication de 20 000 boutures de Maralfalfa, pouvant générer jusqu’à 400 000 boutures par pays.
Sur le terrain, 100 bénéficiaires directs sont ciblés, comprenant des agropasteurs familiaux, des groupements féminins producteurs de fourrages et des agro-entrepreneurs, dans les sites de Kawa (commune de Kabélawa) et Issari (commune de Chétimari).
Le genre constitue par ailleurs une dimension transversale du projet, avec une forte promotion de la participation des femmes et des jeunes vulnérables dans les processus de décision et de gestion.
Professeur KIARI FOUGOU Hadiza, une scientifique engagée au service du développement local
Derrière cette initiative porteuse d’espoir se trouve Professeur KIARI FOUGOU Hadiza, une universitaire reconnue pour son engagement en faveur du développement agropastoral et de la recherche appliquée. Enseignante-chercheure à l’Université de Diffa, elle s’illustre par sa capacité à faire le lien entre la science, les politiques publiques et les réalités communautaires.
À travers le Projet FOVAC, elle incarne une nouvelle génération de scientifiques nigériens engagés, pragmatiques et profondément ancrés dans les défis locaux. Son leadership, sa vision et sa persévérance font aujourd’hui de la plateforme d’innovations en cultures fourragères de l’UDA un véritable levier de résilience et de souveraineté alimentaire pour la région de Diffa.
En cette période de Refondation, l’exemple du projet FOVAC démontre avec force que la recherche universitaire, lorsqu’elle est connectée aux besoins des populations, peut devenir un moteur puissant de transformation sociale et économique.
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