Sommet de la Cedeao à Abuja : le Niger divise les chefs d’État

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Sommet de la Cedeao à Abuja : le Niger divise les chefs d’État
Sommet de la Cedeao à Abuja : le Niger divise les chefs d’État

Africa-Press – Niger. L’organisation sous-régionale se réunira de nouveau le 24 février afin de se pencher sur le retrait de l’Alliance des États du Sahel. Ils aborderont aussi la question de la levée des sanctions qui frappent le Niger, à laquelle certains présidents demandent une contrepartie.

Pour les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le sommet du 24 février à Abuja sera particulièrement stratégique. Deux dossiers majeurs seront en effet sur la table des discussions: la sortie « sans délai », le 28 janvier dernier, du Burkina Faso, du Mali et du Niger de l’organisation, et la levée des sanctions à l’encontre de Niamey.

Respect du préavis

L’article 91 du traité de la Cedeao stipule que les pays membres sont tenus de respecter leurs obligations pendant une période d’un an après avoir notifié leur retrait. Les présidents comptent donc, lors de la réunion d’Abuja, réaffirmer leur volonté de voir ce délai respecté et ce, même si le ministre malien des Affaires étrangères a déjà fait savoir par courrier que son pays ne se sentait pas obligé de s’astreindre à cette contrainte. Abdoulaye Diop estime en effet que les textes qui régissent la Cedeao ne lui sont plus applicables.

Il a expliqué que les sanctions décidées à l’encontre du Mali en janvier 2022, comme la fermeture des frontières entre le pays et les autres États membres, n’étaient pas prévues par le traité, qui devient de fait « inopérant ». Les présidents de la Cedeao espèrent quant à eux pouvoir gagner un peu de temps afin de tenter d’empêcher le départ définitif de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le lobbying de Gnassingbé

Ils aborderont également, comme l’a révélé Jeune Afrique le 18 février, la question des sanctions qui frappent le Niger. Tous sont unanimes sur l’opportunité de les lever, mais certains souhaitent demander à Niamey des contreparties. Cette ligne ferme est incarnée par le Ghanéen Nana Akufo-Addo et l’Ivoirien Alassane Ouattara (ADO) – qui sera présent au sommet. Ils estiment qu’en retour, les autorités de transition nigériennes doivent leur donner des garanties, à commencer par la libération de l’ancien président Mohamed Bazoum. Le Bissau-Guinéen Umaro Sissoco Embaló, tout comme le Sierra-Léonais Julius Maada Bio partagent cette position.

Le Togolais Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur de la Cedeao auprès d’Abdourahamane Tiani, négocie une levée des sanctions sans pression. Il s’est ainsi rendu à Abidjan le 17 février, afin de plaider la cause de Niamey auprès d’Alassane Ouattara. Ses homologues estiment qu’il entretient une trop grande proximité avec les juntes sahéliennes, la place financière de Lomé étant prisée par l’AES, tout comme le port de la capitale togolaise qui leur offre un accès à la mer. Après cette visite, ADO s’est entretenu par téléphone avec Macky Sall et Nana Akufo-Addo.

Enfin, le Nigérian Bola Tinubu, président en exercice de la Cedeao, était en première ligne sur le dossier nigérien après le coup d’État du général Tiani, en juillet 2023. Mais, préoccupé par la situation dans son pays, dont la monnaie, le naira, a subi une forte dévaluation, il semble aujourd’hui moins investi et donc, plus conciliant.

Source: JeuneAfrique

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