Africa-Press – Tchad. Dans un communiqué relatif à la création d’un institut et de trois nouvelles universités au Tchad, notamment à Faya, Massakory, Bol et Bongor, l’Organisation des Instituteurs pour l’Appui à l’Éducation (OIAE) exprime avec “fermeté” son indignation face à l’élargissement du champ de l’enseignement supérieur au Tchad.
Face à cette évolution académique et pédagogique, l’OIAE s’interroge: “Faut-il désormais inscrire parmi les premières caractéristiques de transformation du système éducatif, le nombre des cycles d’enseignement supérieur au pays, l’illusion du diplôme, le prestige des amphithéâtres?”.
Dans le fond comme la forme de cette question, l’OIAE ne s’oppose pas aux principes de la problématique de l’expansion de l’enseignement supérieur au Tchad. Cependant, poursuit le communiqué, elle alerte sur une fuite en avant politique et institutionnelle en ignorant totalement l’ordre éducatif principal au Tchad. “Comment favoriser la politique de l’enseignement supérieur dans un pays où un élève de la classe de Terminale ne peut même pas lire, écrire et comprendre un petit texte du niveau d’étude en français et en arabe?”, s’interroge l’OIAE.
Selon l’OIAE, aujourd’hui encore, des centaines de milliers d’enfants tchadiens apprennent à même le sol, sous des paillotes, ou dans des bâtiments menacés de ruine. Des salles de classe surpeuplées, des enseignants sans formation continue, des zones rurales complètement oubliées et bien d’autres.
L’OIAE appelle le Gouvernement à revoir ses priorités éducatives en ciblant l’éducation de base, notamment du CP1 au CE2, qui déterminent les trajectoires scolaires futures de chaque enfant ; les partenaires techniques et financiers à réorienter leur soutien vers la refondation de l’école primaire au Tchad ; la société civile à exiger une justice éducative, qui ne commence pas au campus mais “bien dans la salle de classe du village le plus reculé du pays”.
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