Africa-Press – Tchad. Malgré les efforts du Gouvernement, à travers les ministères sectoriels et les différents programmes et projets mis en œuvre avec l’appui des partenaires techniques et financiers, la problématique du chômage des jeunes demeure très préoccupante au Tchad. À mon avis, cette situation s’explique par plusieurs facteurs, dont l’un des plus importants est la faible acquisition de compétences essentielles.
En effet, avec la révolution technologique et l’émergence de l’intelligence artificielle, le marché de l’emploi devient de plus en plus compétitif. Aujourd’hui, il ne suffit plus d’avoir un diplôme pour obtenir un emploi. Un BTS, une licence ou même un master ne garantissent pas automatiquement une insertion professionnelle réussie.
Les jeunes doivent développer des compétences complémentaires, souvent non enseignées dans nos universités. Parmi elles, on peut citer:
– la préparation et la réussite à un entretien d’embauche,
– la prise d’initiative et l’esprit entrepreneurial,
– la maîtrise des outils numériques et informatiques,
– la gestion d’équipe et de projet,
– l’esprit critique, la créativité et l’innovation.
Certes, il existe encore des domaines où l’accès à l’emploi dépend essentiellement des relations personnelles (famille, proches, réseaux), une réalité commune à plusieurs pays de la sous-région. Toutefois, mon expérience m’a montré que les jeunes qui investissent dans ces compétences transversales ont beaucoup plus de chances d’être recrutés et de réussir leur carrière.
À titre d’exemple, des structures telles que Job Booster Chad et d’autres incubateurs d’accompagnement de la jeunesse au Tchad parviennent, à travers des programmes de type SMART, à former et à outiller de nombreux jeunes. Les témoignages sont éloquents: « J’ai décroché un stage », « J’ai signé mon contrat (CDD ou CDI) », « J’ai lancé mon projet ». Cela prouve que l’acquisition de ces compétences répond véritablement aux exigences actuelles du marché.
Quelques propositions pour renforcer l’employabilité des jeunes au Tchad
À l’État, notamment au Ministère de l’Éducation nationale et au Ministère de l’Enseignement supérieur:
1. Engager une réforme intégrant l’enseignement de l’informatique (du niveau basique au niveau professionnel) et de l’innovation comme matières obligatoires à tous les niveaux scolaires et universitaires ;
2. Créer des laboratoires d’innovation et de créativité (Labs) dans les lycées et établissements d’enseignement supérieur afin de stimuler la pratique et l’esprit entrepreneurial dès le jeune âge.
Aux ministères sectoriels, programmes et projets:
1. Concevoir et mettre en œuvre des programmes à fort impact social intégrant systématiquement un volet d’insertion socio-professionnelle ;
2. Accompagner et financer les projets portés par les incubateurs, startups et structures d’appui à l’entrepreneuriat des jeunes.
Je conclus en disant que l’avenir du Tchad dépendra de sa capacité à offrir à sa jeunesse des perspectives d’emploi décent et durable. Il est de notre responsabilité collective – État, secteur privé, partenaires et société civile – de créer un écosystème favorable à l’épanouissement professionnel des jeunes.
Hamid Youssouf Souleymane, Consultant en gestion de projets et capitalisation
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