Africa-Press – Benin. Le verdict des législatives du 11 janvier 2026 n’a rien d’anecdotique pour le Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin. Il marque, au contraire, un point de bascule.
SOMMAIRE
Ayadji comprend trop tard ce que Prudencio a compris très tôt
Pour MOELE-BÉNIN et son président Jacques Ayadji, la question centrale n’est plus celle de la stratégie électorale, mais celle de la survie politique.
Dans un paysage institutionnel désormais verrouillé par le tandem Union progressiste le Renouveau – Bloc républicain, l’absence totale de députés relègue le parti à la périphérie du jeu politique.
À cela s’ajoute l’impossibilité de participer aux élections municipales, la liste du parti n’ayant pas été validée par la CENA. Privé à la fois de relais parlementaires et d’ancrage local, MOELE-BÉNIN se retrouve sans levier institutionnel, donc sans capacité réelle d’influence.
La tentative de coalition avec la FCBE, scellée en octobre 2025, s’inscrivait pourtant dans une logique de rupture avec le duopole dominant. L’ambition était claire: agréger des forces dispersées pour franchir les seuils imposés par le Code électoral. Mais la mécanique électorale s’est révélée implacable.
Avec un score national autour de 1 %, en net recul par rapport aux précédents scrutins, l’alliance n’a pas résisté à l’épreuve des urnes. La « troisième voie » s’est heurtée à une réalité mathématique autant que politique.
Ce revers électoral place Jacques Ayadji dans une position inconfortable. Ministre-conseiller sans base parlementaire, chef de parti sans élus, il incarne aujourd’hui une contradiction structurelle: celle d’un discours sur la pluralité et l’indépendance politique dans un système qui ne récompense que la masse critique.
Ayadji comprend trop tard ce que Prudencio a compris très tôt
La dixième législature, bicolore de fait, réduit mécaniquement l’espace pour les formations intermédiaires.
La comparaison avec le parcours de Claudine Prudencio s’impose alors presque naturellement. À la tête d’un parti aux performances électorales comparables, elle a opéré un choix radical en novembre 2025 en dissolvant sa formation dans l’UP-R.
Résultat immédiat: un retour à l’Assemblée nationale et une inscription durable dans le cœur du pouvoir législatif. Là où l’une a privilégié l’anticipation stratégique, l’autre a maintenu une autonomie devenue coûteuse.
Pour MOELE-BÉNIN, le dilemme est désormais frontal. À l’approche d’un nouveau cycle politique et d’un régime attendu pour fin mai 2026, rester en dehors des grands blocs revient à accepter une marginalisation progressive.
Sans députés, sans maires, sans élus locaux, le parti court le risque de devenir un poids sur l’épaule des responsables.
La fusion n’est plus un tabou idéologique, mais une option de survie. Reste une inconnue majeure: à quel prix et dans quel cadre.
Intégrer un grand ensemble politique suppose de renoncer à une part d’autonomie, mais offre en échange une capacité d’action réelle. Refuser ce pas, c’est assumer le déclassement.
Dans le Bénin politique de 2026, l’indépendance sans représentation ne produit plus de pouvoir. Elle produit du silence.





