Africa-Press – Burkina Faso. Longtemps cantonnés aux grandes métropoles asiatiques et occidentales, les véhicules électriques s’invitent de plus en plus au Burkina Faso. À Ouagadougou, l’ouverture de showrooms dédiés à des marques chinoises, britanniques marque un tournant discret dans le paysage automobile. Cet avènement, encore embryonnaire, interroge autant qu’il séduit, dans un pays sahélien confronté à des défis énergétiques, économiques et environnementaux.
Il y a encore quelques années, le marché burkinabè de l’automobile reposait essentiellement sur les véhicules thermiques d’occasion importés d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Aujourd’hui, l’arrivée de concessionnaires proposant des véhicules électriques et hybrides traduit d’une part, une montée progressive de la demande, et d’autre part, l’intérêt croissant d’hommes d’affaires burkinabè pour un marché longtemps considéré comme marginal.
Les marques chinoises, en particulier, se positionnent en pionnières. Leur stratégie repose sur des modèles au rapport qualité-prix compétitif. Les constructeurs européens, quant à eux, misent davantage sur l’image, la technologie et le confort, ciblant une clientèle plus restreinte mais solvable.
Avantages des véhicules électriques
Dans un pays dépendant des importations de carburants, le véhicule électrique présente des atouts non négligeables. Sur le plan économique, il permet de réduire les dépenses liées au carburant. À long terme, le coût d’entretien est également plus faible avec moins de pièces mécaniques, moins de pannes liées au moteur thermique, et une maintenance globalement simplifiée.
Sur le plan environnemental, il faut noter que le Burkina Faso, bien que peu émetteur de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, subit de plein fouet les effets du changement climatique. La promotion de la mobilité électrique s’inscrit ainsi dans une logique de développement durable, en phase avec les politiques de transition énergétique.
Enfin, le développement des énergies renouvelables, notamment le solaire, renforce la pertinence de cette mobilité. Dans un pays bénéficiant d’un fort ensoleillement, la recharge des véhicules électriques via des solutions solaires ouvre des perspectives innovantes.
Un marché porteur
Contrairement aux idées reçues, le Burkina Faso dispose de segments de clientèle capables d’adopter ces nouvelles technologies. Particuliers, administrations, organisations internationales, grandes entreprises, sociétés minières, start-up.
Le marché est également favorable en raison de sa faible concurrence. Les premiers concessionnaires bénéficient d’un avantage stratégique à savoir celui d’imposer en douceur leur marque et de structurer l’écosystème avant une arrivée massive de nouveaux acteurs. À cela s’ajoute un intérêt des autorités pour les solutions innovantes en matière de transport, notamment dans les projets de modernisation urbaine.
Pour réussir à percer le marché burkinabè, les concessionnaires doivent aller au-delà de la simple vente de véhicules. La pédagogie est essentielle. Plusieurs Burkinabè s’interrogent encore sur l’autonomie, la durée de vie des batteries ou la fiabilité des véhicules électriques dans des conditions climatiques extrêmes. Des essais gratuits, des démonstrations et des partenariats avec les médias et les créateurs de contenus peuvent lever ces réticences.
L’adaptation de l’offre est tout aussi cruciale. Proposer des modèles robustes, adaptés aux routes parfois dégradées, avec une autonomie compatible aux réalités du pays, est un impératif. Des facilités de paiement, des crédits adaptés et des services après-vente fiables renforceront la confiance des clients.
La maintenance de ces véhicules requiert des compétences nouvelles, encore peu répandues, ici au Burkina. Il est essentiel de former davantage les techniciens, mécaniciens et électriciens.
Enfin, le développement d’un réseau de recharge, même minimal, est un facteur clé. Il faut penser à la construction de stations privées, de bornes solaires, solutions de recharge à domicile ou en entreprise.
En attendant que les plus hésitants ne se décident à expérimenter le confort, les véhicules électriques avancent sans bruit. Espérons que le pays verra naître plusieurs concessionnaires et que cet avènement profitera à l’économie burkinabè à travers la création d’emploi et le développement de nouvelles compétences.
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