
L’Union nationale des dozos du Burkina Faso a animé une conférence de presse dans l’après-midi du vendredi 23 janvier 2026 à Bobo-Dioulasso. Cette rencontre avec les hommes et femmes de médias avait pour objectif d’annoncer officiellement la tenue de la 13e édition du Djibon, une cérémonie rituelle annuelle des chasseurs traditionnels dozos. L’événement se déroulera du 28 au 31 janvier 2026 sous le thème : « FDS et dozos, main dans la main pour la consolidation et la sauvegarde des acquis ».
Le Djibon est une cérémonie rituelle majeure célébrée chaque année à Bobo-Dioulasso, dans la région du Guiriko. Elle symbolise la reconnaissance des dozos envers le Dankoun, l’esprit suprême, et constitue un moment de prières, de libation et d’invocation des mânes pour la paix, la protection et la stabilité. Au-delà d’un simple rituel, le Djibon est devenu au fil des années un puissant facteur de cohésion sociale et de rassemblement communautaire.
Selon le président de l’Union nationale des dozos du Burkina, Aly Konaté, le Djibon a dépassé aujourd’hui les frontières nationales pour s’imposer comme un événement d’envergure internationale. « Plus qu’une simple tradition, le Djibon est devenu un événement qui attire des centaines de dozos venus du Grand-Ouest du Burkina et de la sous-région pour renforcer leur unité et prier pour la paix », a-t-il expliqué. Ainsi, dans un contexte national marqué par l’insécurité, les dozos, en tant que gardiens de la tradition et de l’environnement, entendent jouer pleinement leur rôle spirituel et social.
Prenant la parole, le secrétaire général de l’union, Théophile Sanou, a détaillé le programme des activités de cette 13e édition. Les participants sont attendus à Bobo-Dioulasso et à partir du mercredi 28 janvier 2026, ils rentrent dans la brousse. Le jeudi 29 janvier sera consacré aux cérémonies rituelles au Dankoun, où les dozos passeront la nuit en adoration et en prières, tandis qu’une partie des activités se poursuivra au stade Général-Sangoulé-Lamizana.
Le vendredi 30 janvier, les festivités se poursuivront au stade Sangoulé-Lamizana avec des réjouissances prévues du matin au soir. La cérémonie officielle, moment solennel du Djibon, aura lieu le samedi 31 janvier de 16h à 18h, en présence des autorités politiques, militaires et administratives, ainsi que des chefs coutumiers de la ville de Bobo-Dioulasso. À l’issue de cette cérémonie, une grande parade des dozos, suivie de séances de photos, est prévue. Les festivités se prolongeront jusqu’à 21h avant de laisser place à la traditionnelle nuit des dozos, une veillée rituelle qui se tiendra de 21h jusqu’à l’aube.
Pour cette « veillée exceptionnelle », plusieurs artistes de renom ont été invités, notamment les célèbres n’gonifô Sekouba Traoré, Sekou Bloni et Djigui Djatigui, ainsi que le balafoniste de renom Neba Solo. Des délégations de dozos venues de la Guinée, du Mali et de la Côte d’Ivoire prendront également part à cette édition, témoignant ainsi du rayonnement régional du Djibon. « Tout le monde est invité, même nos mamans. Nous aimerions vraiment les voir nombreuses ce jour-là », a lancé Théophile Sanou.
Autre particularité de cette édition, l’organisation de cérémonies sur quatre sites, contre un seul l’année précédente. Il s’agit notamment de la chefferie coutumière dioula, de Dagasso, chez les Golotigui et à Kibidoué. Les invités d’honneur sont le chef peul de Bobo-Dioulasso, le chef des Dioulas, le chef de Dagasso, le Golotigui ainsi que l’imam Siaka Sanou. Tous les autres chefs de villages sont également conviés.
Des innovations prévues
Placée sous le signe de la collaboration entre les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les dozos, cette 13e édition se distingue par plusieurs innovations. Pour la première fois, une exposition et une vente de produits traditionnels seront organisées. « Qui dit dozo dit aussi tradipraticien. La population nous demandait souvent des produits traditionnels, mais nous n’y avions jamais pensé. Cette année, ce sera chose faite », a expliqué le secrétaire général de l’union.
Autre innovation majeure, la participation de grands chefs dozos venus du Mandé, notamment du Mali. Leur présence vise à favoriser les échanges de savoirs et le renforcement des connaissances au sein de la confrérie. « Le dozoya est une école où l’on apprend toute sa vie. Nous voulons profiter de cette occasion pour apprendre davantage », a-t-il souligné.
Enfin, les organisateurs n’ont pas manqué de saluer l’appui du grand chef dozo, le Dozobâ Aly Konaté, dont l’engagement financier a permis de rehausser le niveau de l’organisation. « Les éditions précédentes coûtaient entre 34 et 36 millions F CFA. Cette année, nous sommes déjà à plus de 40 millions », a confié Théophile Sanou, témoignant ainsi de l’ampleur et de l’ambition de cette 13e édition du Djibon.
Romuald Dofini