
Dans le récit des faits de Djenebou (nom d’emprunt comme pour tous les autres de cet article) face au juge, ce mardi 27 janvier 2026, cette dernière explique avoir agi pour venir en aide à sa famille, notamment sa mère qui était malade. Le procureur, de son côté, estimera que, malgré les excuses qu’elle n’a de cesse de formuler devant le tribunal, elle a bel et bien livré des colis de drogue à d’autres personnes en dehors du frère de son copain, Donald, toute chose qui renforce encore le caractère international du trafic qu’elle faisait.
C’est en pleurs que Djenebou a comparu face aux juges du Tribunal de grande instance ce mardi 27 janvier 2026, dans le cadre de la session judiciaire du pôle Économique et financier (ECO-FI). Les faits qui lui sont reprochés sont ceux de transport international et livraison de drogue à haut risque. Devant les juges, la prévenue n’a pas nié ce pour quoi elle se retrouve là. Des infractions que le procureur estime graves, au regard des faits et circonstances dans lesquels le trafic se faisait.
Les faits se sont déroulés durant les années 2024 et 2025. Alors qu’elle était au Ghana, Djenebou fera la rencontre de Jacob. Avec le temps qui s’écoulait, ce dernier lui fera part de son envie de l’épouser. Orpailleur de son état, il l’invitera donc à découvrir le site sur lequel il travaille, avant de repartir au Ghana. Quelques temps après, alors qu’il était de passage chez elle, ce dernier lui remettra un sac avec pour instruction de le convoyer jusqu’à Boromo, pour son frère, Donald.
Des échanges avec le tribunal, Djénébou signifiera, après avoir été questionnée, ne pas savoir réellement les raisons qui ont conduit son copain, Jacob, en prison. « Il m’a juste dit que c’était pour une affaire de moto », a-t-elle laissé entendre. « Avez-vous cru en ce qu’il vous a dit ? », renverra le président, avant qu’elle ne réponde en ces termes : « Vu que c’est ce qu’il m’a dit, je ne pouvais pas penser autrement. »
En prenant la parole, le ministère public fera observer dans un premier temps que Donald n’était pas le seul destinataire de la drogue. « Il y avait aussi bien d’autres personnes. C’est elle qui était devenue le moteur de livraison de la drogue. Elle récupérait les colis puis les faisait entrer par les transports en commun. L’un des destinataires était un Malien qu’elle rencontrait à Bobo. Elle lui remettait les colis et lui, se chargeait de faire le reste », a-t-il lâché.
Selon les dires du parquet, les déplacements de Djénébou en vue de la livraison de la drogue ne se chiffrent donc pas à six, mais bien au-delà. Par ailleurs, il dit s’offusquer du fait qu’elle sache en âme et conscience que les faits commis sont graves et passibles de sanctions pénales. « Elle a néanmoins assuré la pérennité de son activité criminelle. Elle allait jusqu’en prison, recevant les numéros de téléphone là, de la part de son copain, et travaillait à faire vivre leur entreprise criminelle », a-t-il regretté.
Ces faits, ajoute-t-il, sont d’autant plus graves que la prison était censée la dissuader de ce qu’elle faisait. « Au moment où l’on pensait que l’incarcération de son copain allait lui servir de leçon pour qu’elle stoppe le trafic, on se rend compte que c’est même à partir de là que l’activité a été mieux structurée. Depuis sa cellule, Jacob établissait les plans et les contacts des destinataires et elle, elle se chargeait du reste », a fait remarquer le parquet.
Erwan Compaoré