La deuxième cohorte du Diplôme universitaire en leadership et management des laboratoires de santé (DU-LML) a célébré sa sortie de promotion ce mercredi 11 février 2026, à Ouagadougou. La cérémonie était placée sous le thème : « Promouvoir et encadrer les leaders actuels et futurs de laboratoire pour développer, renforcer et maintenir les systèmes nationaux de laboratoire dans une approche, une seule santé ». Elle a été présidée par le président de l’université Joseph Ki-Zerbo, Pr Antoine Béré.
Sur les 34 participants inscrits dont 4 guinéens, 33 ont obtenu leur diplôme avec succès. Ce qui marque une nouvelle étape dans le renforcement des compétences en gestion et gouvernance des laboratoires de santé au Burkina Faso. Le programme de formation est soutenu par les États-Unis.
La formation, à la fois théorique et pratique, a porté sur neuf domaines de compétences essentiels : le système des laboratoires, le leadership, le management, la biosécurité, le système de management de la qualité, la surveillance des maladies et l’investigation des épidémies, la préparation, la riposte et le rétablissement en cas de situations d’urgence, la communication, ainsi que la recherche et l’innovation.
Selon la représentante des diplômés, Dr Myriam Nikièma, cette formation a permis aux participants d’être pleinement outillés dans ces différents domaines à travers des projets individuels et collectifs. « Durant cette formation théorique et pratique, nous avons été outillés conformément aux neuf compétences prévues. Lesquelles ont été exercées à travers des projets non seulement individuels mais aussi collectifs. Cela nous a ainsi initiés à la communauté de professionnels leaders promus dans la vision du Global Leadership Laboratory Partner. Dans cette logique, nous tenons à remercier tous les mentors pour l’encadrement pratique. Oui, votre accompagnement dans l’élaboration et la mise en œuvre des projets, couplé à la formation reçue, a produit des impacts positifs dont les résultats se font déjà sentir dans certaines structures », a-t-elle indiqué.
Selon le président de l’université Joseph Ki-Zerbo, Pr Antoine Béré, ces diplômés ont été formés pour répondre à un besoin sur le marché, notamment le management et la gestion de laboratoire de santé. « Selon les données statistiques, en 2023, les États membres de l’Union africaine ont connu plus de 166 événements d’intérêt en santé publique, notamment des épidémies d’Ebola, de Marburg, de variole du singe, de choléra, de résistance aux antimicrobiens. En ce qui concerne notre pays, il a connu une épidémie de dengue sans précédent en 2023 avec un total de 61 748 cas probables dont 641 décès au 29 novembre 2023. En 2024, un foyer de grippe aviaire a été notifié ainsi qu’une épidémie de rougeole et des cas suspects de diphtérie et de coqueluche.
Ces évènements mettent en évidence l’importance de disposer d’un système de laboratoires intégré et robuste pour soutenir la détection et la réponse rapides aux épidémies actuelles et futures », a rappelé le président de l’université Joseph Ki-Zerbo.
Pour lui, pour améliorer les systèmes de laboratoires et les piloter plus efficacement, il faut des compétences en leadership et en management. Chose qui manque souvent lors des formations initiales. Il espère que les nouveaux diplômés pourront mettre à profit les compétences acquises pour renforcer le système de surveillance et de diagnostic des pathologies émergentes et réémergentes.
Présente à la cérémonie, l’ambassadrice des États-Unis au Burkina Faso a souligné que le pays est devenu un modèle dans le système de management de laboratoire. Chose dont elle est fière. Elle a annoncé la formation de la troisième cohorte dans les jours à venir. Cette cohorte va regrouper cinq autres pays plus le Burkina Faso.
À travers cette deuxième promotion, le Burkina Faso entend contribuer au développement et à la consolidation des systèmes nationaux de laboratoire, dans une approche intégrée « Une seule santé », qui met en synergie la santé humaine, animale et environnementale.
Cette nouvelle cohorte de leaders formés vient ainsi renforcer les capacités nationales en matière de gestion stratégique et opérationnelle des laboratoires. C’est un maillon essentiel dans la surveillance des maladies, la réponse aux urgences sanitaires et l’amélioration continue de la qualité des services de santé.
Rama Diallo
