Corruption Des Magistrats: Juger Avec Courage

Corruption Des Magistrats: Juger Avec Courage
Corruption Des Magistrats: Juger Avec Courage

Africa-Press – Burkina Faso. Après une journée suspendue le jeudi 12 février 2026, les conseils de la défense ont débuté leurs plaidoiries ce vendredi 13 février 2026, au Tribunal de grande instance de Koupéla. La parole a d’abord été donnée aux avocats de Jean Jacques Sawadogo. Commençant par une déclaration liminaire, Me Ambroise Farama a souhaité une justice sans influence, une justice basée sur des faits et non sur les émotions.

« Le Burkina Faso traverse une période exceptionnelle, une période où le peuple réclame la moralisation de la vie publique, une période où la lutte contre la corruption est devenue une exigence nationale. Permettez-moi de dire clairement: la défense partage cette exigence. » C’est par ces mots que débute la plaidoirie de Me Ambroise Farama, ajoutant que la corruption détruit la confiance, la corruption fragilise l’État, la corruption humilie les citoyens.

Toutefois, certaines zones d’ombre subsistent dans ce dossier. « Le Burkina Faso a ratifié les plus grandes conventions internationales de protection des droits humains. Mais au-delà des textes, il existe une vérité universelle: aucun combat ne peut justifier que l’homme devienne un instrument de violence. Et nous devons avoir à l’esprit que l’injustice commise contre un seul homme fragilise la justice pour tous », a-t-il rappelé.

Il dit constater dans ce procès, la peur dans le regard de ses confrères. « Je sais que certains d’eux ont peur. Ils ont peur de l’avenir de la profession. Ils ont peur de l’après-procès. Ils ont peur de la liberté. Mais lorsque la peur de défendre existe chez un avocat, c’est un danger pour la République. L’avocat défend. Est-ce qu’il doit craindre l’intimidation?… Si l’avocat commence à trembler, la République vacille », a indiqué Me Ambroise Farama.

Pour lui, le droit protège la révolution. « Le respect du droit n’est pas un obstacle à la révolution, le droit est le bouclier de la révolution. On peut gagner une bataille par la force, mais on ne peut construire une nation que par la justice. Et lorsque la justice devient le dernier rempart entre la force et la légitimité, alors elle entre dans une dimension qui dépasse le présent. Cette dimension, c’est la dimension de l’histoire », a-t-il soutenu.

Selon ses dires, par ce dossier, le Tribunal est amené à faire preuve de courage.  » Vous avez entre vos mains plus qu’un dossier judiciaire. Le peuple ne vous demande pas de condamner pour plaire. Il ne vous demande pas d’acquitter pour rassurer. Il vous demande de juger avec courage. Car condamner sans preuve détruit la justice. Acquitter sans vérité trahit le peuple. Mais juger avec intégrité fonde la nation », a-t-il plaidé.

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