Inclusion Numérique: 66 Localités Ciblées au Burkina

Inclusion Numérique: 66 Localités Ciblées au Burkina
Inclusion Numérique: 66 Localités Ciblées au Burkina

Africa-Press – Burkina Faso. La région des Tannounyan a abrité, le mercredi 18 février 2026 à Banfora, un atelier régional d’échanges consacré au chantier « Zéro zone blanche » et au projet national de couverture de 750 zones rurales dépourvues de réseau de communication électronique, dont 66 localités situées dans ladite région. Cette initiative est portée par le ministère de la Transition digitale, des postes et des communications électroniques (MTDPCE), avec l’appui financier du Fonds pour l’accès et le service universel (FASU) et du Projet pour l’accélération de la transformation digitale (PACTDIGITAL).

Après l’étape de la région du Guiriko le lundi 16 février dernier, c’est au tour des Tannounyan d’accueillir cet atelier régional. La rencontre est présidée par le gouverneur de ladite région, le contrôleur général de police Patrice Yéyé, et visait à mobiliser les acteurs locaux autour d’un projet stratégique pour le développement socio-économique et la sécurité nationale. Dans son mot d’ouverture, le gouverneur Patrice Yéyé a exprimé sa satisfaction d’accueillir cet atelier, qu’il considère comme une étape essentielle pour mieux cerner les besoins en matière de couverture réseau.

« Nous sommes très heureux d’accueillir cet atelier qui va sans doute nous permettre de faire une bonne cartographie des zones blanches non encore couvertes par ces réseaux de téléphonie mobile. Ensemble, avec les différents acteurs, nous allons mettre les petits plats dans les grands pour donner une réponse appropriée à cette problématique », a-t-il déclaré.

Selon lui, le projet concerne spécifiquement 66 localités de la région qui restent privées d’accès aux réseaux mobiles. Il a rappelé que, dans un contexte marqué par la reconquête du territoire et le retour progressif des populations dans certaines zones, la question de la connectivité devient ainsi une priorité. « Après la reconquête du territoire, beaucoup de localités sont retournées à la vie normale, mais malheureusement, il existe encore un déficit de couverture réseau. L’objectif est de permettre aux populations de vaquer à leurs occupations et d’être en contact avec le reste du pays », a-t-il ajouté.

Réduire la fracture numérique et renforcer la sécurité

Au-delà de l’accès aux services de communication électronique, le chantier « zéro zone blanche » s’inscrit dans une logique plus large de résilience face aux défis sécuritaires. L’absence de couverture réseau constitue en effet une vulnérabilité dans certaines localités, limitant la circulation de l’information et les capacités d’alerte. Le projet ambitionne ainsi de réduire la fracture numérique en offrant aux populations rurales un accès équitable aux services de télécommunications, tout en renforçant la cohésion territoriale et les opportunités économiques.

Pour le ministère de la Transition digitale, cet atelier régional représente une étape clé dans la mise en œuvre du projet. Abdoulaye Mamboné, directeur de la réglementation au sein du département ministériel, a insisté sur l’importance de l’adhésion des acteurs locaux. « L’atelier régional vise à informer les autorités locales de ce projet au bénéfice de leurs populations et à les mobiliser pour sa réussite, notamment à travers la sensibilisation et l’implication des communautés », a-t-il expliqué. A l’en croire, le ministère souhaite garantir une démarche participative afin d’assurer l’appropriation du projet par les bénéficiaires. « Nous ne pouvons pas déployer un projet d’une telle envergure sans informer les populations et sans solliciter leur adhésion totale », a-t-il souligné.

La mise en œuvre du programme devrait s’étendre sur une période comprise entre huit et douze mois, selon les délais de contractualisation. Les infrastructures prévues permettront notamment l’accès à des services haut débit. « Les sites installés permettront une navigation en 4G, ce qui constitue une avancée significative pour notre pays », a précisé le directeur de la réglementation.

Un projet national d’envergure

Le chantier « Zéro zone blanche » s’inscrit dans une « stratégie nationale ambitieuse » visant à assurer une couverture intégrale du territoire en communication électronique. Pour l’année 2025, 750 sites sont prévus, auxquels s’ajouteront 750 autres en 2026, après une première phase ayant déjà permis la réalisation de 138 sites. Au cours de cet atelier, les participants, notamment les autorités administratives, coutumières et religieuses, des représentants de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), opérateurs de télécommunications et partenaires techniques et financiers ont échangé sur les défis liés au déploiement des infrastructures, à savoir la sécurisation des installations, les contraintes logistiques et les aspects administratifs, etc.

Tout en saluant l’engagement du ministère et de ses partenaires, le gouverneur Patrice Yéyé a réaffirmé la disponibilité des acteurs régionaux pour accompagner la mise en œuvre du projet et faciliter les démarches nécessaires.

Romuald Dofini

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