Africa-Press – Burkina Faso. Dans un communiqué sorti le 11 février 2026, le Centre national des œuvres universitaires (CENOU), annonçait la réduction du nombre de plats servis dans les restaurants universitaires. Cette annonce a provoqué une vague d’incompréhensions notamment au sein de la communauté estudiantine.
Pour lever toute équivoque et replacer la mesure dans son contexte, le Centre national des œuvres universitaires (CENOU), par la voix de son directeur général, le Pr Noël Thiombiano, a animé une conférence de presse ce mercredi 25 février 2026 à Ouagadougou.
Face à une pression croissante sur les services de restauration, liée notamment à l’augmentation continue du nombre d’étudiants et aux répercussions de la crise sécuritaire sur les familles, le CENOU a affirmé avoir été confronté à un choix entre accroître davantage l’offre ou réguler la demande. Si des efforts budgétaires et organisationnels sont engagés pour renforcer l’offre, l’institution a également opté pour une mesure de régulation.
« Face à cette situation exceptionnelle, nous avons deux leviers: augmenter l’offre et/ou réguler la demande de manière équitable. Côté offre, l’État a consenti des efforts historiques et croissants dont le remboursement massif des dettes (plus de 2 milliards de FCFA en 2023 pour les deux plus grands restaurants universitaires) ; l’augmentation substantielle des budgets de la restauration: 6,96 milliards de FCFA en 2022, 7,8 milliards en 2023, 8,4 milliards en 2024, 9 milliards en 2025 et 9,6 milliards de FCFA en 2026 (soit 93,6 % de la subvention totale versée par l’Etat) ; des efforts supplémentaires exceptionnels pour la normalisation des années académiques (1,1 milliard en 2024 et 790 millions en 2025 pour la restauration en août et septembre, période de vacances universitaires). Malgré ces investissements considérables, la pression reste très forte: certains restaurants enregistrent des dépassements (230 millions de FCFA de reste à payer en 2025, par exemple), menaçant ainsi la pérennité du service. Côté demande, nous avons opté pour une mesure de rééquilibrage solidaire. En effet, pour qu’aucun nouvel étudiant, aucun frère ou sœur arrivé récemment de zones en crise, ne se retrouve sans ticket, nous avons ajusté le plafond à 65 repas », a expliqué le directeur général, Noël Thiombiano.
Le plafond mensuel des repas a ainsi été fixé à 65 par étudiant. Selon le directeur général, cette décision vise à intégrer immédiatement environ 3 800 nouveaux bénéficiaires dans les restaurants universitaires, notamment des étudiants récemment arrivés de zones en crise. L’objectif affiché est d’éviter que certains se retrouvent sans ticket dans un contexte de forte affluence.
Dans les faits, la mesure garantit à chaque étudiant deux repas par jour, soit en moyenne 60 plats par mois correspondants au déjeuner et au dîner, auxquels s’ajoutent cinq plats supplémentaires utilisables en cas de besoin. Le CENOU assure ainsi qu’aucun étudiant ne sera privé de ses repas quotidiens.
Au-delà de l’aspect technique, l’institution inscrit cette décision dans une dynamique de solidarité nationale. Elle s’inscrit dans la campagne « Deme Sira », qui encourage la résilience et le partage au sein des communautés.
« Nous souhaitons rassurer les étudiants et toute l’opinion que nous comprenons parfaitement les incompréhensions et les inquiétudes exprimées notamment sur les réseaux sociaux. Mais en vérité, cette décision est une invite à la chaîne de solidarité entre étudiants surtout dans un contexte où chacun devra prôner et vivre la solidarité, et la vivre à travers la campagne Deme Sira, qui vise à renforcer la culture de solidarité et de résilience au sein des communautés. L’État augmente les budgets année après année, modernise les services, normalise les années académiques pour décongestionner les universités afin d’offrir aux étudiants de meilleurs cadres de vie et d’étude. C’est ainsi qu’il faut comprendre la lettre et l’esprit de notre communiqué en date du 11 février 2026 », a conclu le directeur général.
Le directeur général a profité de l’occasion pour présenter le nouveau statut du CENOU sur le plan institutionnel. A l’entendre, le changement sera plus visible grâce à la digitalisation accélérée de l’ensemble des services à savoir l’hébergement, la restauration, la santé et la mutuelle nationale de santé des étudiants du Burkina Faso, via d’une part, les plateformes Campus Faso et C’Resto et d’autre part, des outils innovants comme le logiciel Looktoré.
A cette digitalisation s’ajoute la réhabilitation en cours de la cité Kossodo. Les cités de Koubawé et Nasso à Bobo et de l’ENS à Ouagadougou vont aussi être réhabilitées. Des études pour la cité de l’UTS ont également été lancé.
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Burkina Faso, suivez Africa-Press





