Africa-Press – Burkina Faso. Dans le monde de la communication, certains professionnels se distinguent par leur capacité à captiver le public et à transformer un simple événement en un moment mémorable. C’est le cas de Zoérim Désiré Sawadogo, homme de média passionné, également voix off et maître de cérémonie à la voix posée et imposante, qui a su dompter la langue et faire de la parole un véritable art.
Dès la classe de seconde, Zoérim Désiré Sawadogo, alias Myster Desking, découvre sa passion pour les médias et la communication. Là, il nourrit l’ambition d’exercer ce métier et de faire de la parole son principal outil. Cependant, son parcours académique prend une autre tournure. En effet, après l’obtention de son baccalauréat au lycée moderne de Fresco, en République de Côte d’Ivoire, il a été orienté au département d’études anglophones à l’université Pr Joseph Ki-Zerbo.
Inspiré par de grandes figures du domaine comme Ali Diarrassouba, Alpha O, Jean-Michel Onnin, en passant par Yves Aymar et Brice Guigré, il décide, avec des amis partageant le même rêve, de chercher les moyens concrets et nécessaires afin de se rapprocher de leur ambition. Ils multiplient ensemble les initiatives et explorent des espaces d’expression.
Cette détermination va progressivement lui ouvrir les portes du journalisme où il fait ses premiers pas au sein de radio Optima en 2019. Là, Désiré commence en tant que stagiaire et développe les bases du métier. À l’issue de cette formation, malgré l’absence de rémunération, il décide de poursuivre avec le même engagement. De la présentation des flashs d’informations au journal, en passant par l’animation d’émissions interactives, il a su affiner sa diction et capter l’intérêt des auditeurs.
Tout en poursuivant parallèlement ses études en anglais, il choisit d’explorer d’autres facettes du journalisme, notamment le Mobile Journalism (MoJo), qui lui permet d’intégrer l’équipe du média en ligne CS Médias en tant que journaliste web. Il y fait valoir également ses compétences d’autodidacte en gestion de sites internet et des médias sociaux, ce qui conduit la direction à lui confier des responsabilités dans ces domaines.
Pendant environ trois ans, Zoérim Désiré Sawadogo a couvert, traité et diffusé des informations principalement axées sur la culture et le sport, qui sont les domaines de spécialisation de ce média. Son parcours journalistique le conduit à la rédaction du média Noorinfos.
« Avec Noorinfos, j’ai exploité les possibilités du MoJo, en produisant des contenus diversifiés et en privilégiant une approche axée sur le journalisme de solutions. Cette expérience m’a également offert l’opportunité de réaliser des reportages au-delà des frontières du Burkina Faso, notamment au Bénin et au Togo », a-t-il fait savoir.
Avant Noorinfos, avec un aîné de la communication, Alfred Batchi, qui a été un guide pour lui, Désiré a conduit un projet de micro-trottoir dénommé Micro Walker, une émission de culture générale.
Au fil du temps, un autre univers capte son attention. Celui d’assurer la maîtrise de cérémonies et la présentation des événements. Les conférences, les cérémonies officielles, les rencontres professionnelles, sans oublier les événements culturels, deviennent un nouvel espace où il met en exergue ses compétences en communication.
Depuis maintenant environ quatre ans, il est le maître de cérémonie officiel du Goethe-Institut Burkina Faso. Il y assure la maîtrise des cérémonies d’envergure et la présentation des événements culturels.
Pour cet homme de média devenu maître de cérémonie bilingue (français-anglais), cette fonction exige bien plus qu’une simple aisance à l’oral. Pour lui, il s’agit d’un métier qui nécessite une préparation rigoureuse, une connaissance du contexte de l’événement et une capacité à s’adapter rapidement aux imprévus.
« Je pouvais quitter mon domicile et me rendre à un événement, juste pour suivre ce que fait le maître de cérémonie. Sa manière de s’organiser, de gérer les imprévus et même sa manière de vivre la cérémonie. Car le maître de cérémonie est avant tout un psychologue. Il doit connaître l’écosystème de l’environnement dans lequel il officie et savoir ce qu’il veut. Il ne s’agit pas simplement de maîtriser la langue de Molière, donc d’agencer de grands mots qui s’apparentent souvent à du verbiage creux », a-t-il souligné.
Avoir plusieurs casquettes pourrait, de l’avis de certains, disperser celui qui ne sait pas s’organiser. Les trois domaines à travers lesquels cette étoile montante se démarque n’occupent pas nécessairement le même rang dans sa vie, quand bien même sa passion pour les trois est grande.
« C’est difficile de faire un choix, mais je me sens beaucoup plus à l’aise lorsque je parle, lorsque je pilote une cérémonie, lorsque je m’assure de calmer le stress de ceux qui m’ont fait confiance et du public. J’aime la maîtrise de cérémonie. Mon grand frère Issa Cyrille, qui ne tarit pas d’éloges à mon égard après chaque scène, m’a surnommé le MC à la voix amplifiée et j’aime bien », a-t-il ajouté.
Aussi voix off, Désiré Sawadogo signifie que, comme dans tout domaine, les difficultés ne manquent pas. Sur ce plan, il souligne la méconnaissance et l’ignorance des exigences du métier de voix professionnelle par le public. « Les gens sous-estiment la voix off et ses exigences. Pour certains, il suffit juste de parler puis d’enregistrer. Mais en réalité, il y a un véritable travail, un combat que nous menons au studio pour obtenir le rendu souhaité », a-t-il signifié.
Quant au journalisme, l’indisponibilité des personnes ressources dans le domaine journalistique et le manque de moyens financiers demeurent des difficultés majeures pour lui. « Lorsque j’ai voulu réaliser mon dernier article journalistique, j’ai souffert pour rencontrer les personnes ressources. Et c’était des rendez-vous à n’en point finir qui donnent souvent l’envie d’abandonner », a-t-il dit.
Par ailleurs, le maître des mots confie que l’humilité, la patience et le respect sont des qualités nécessaires qu’un maître de cérémonie doit détenir. « À chaque cérémonie, il faut se mettre en tête qu’il y aura des imprévus. Cela permet d’anticiper. Et le maître de cérémonie doit garder son sang-froid et canaliser toutes les énergies afin d’obtenir un bon résultat », a-t-il fait comprendre.
Il indique également que la lecture et la curiosité sont indispensables pour une personne qui embrasse ces trois métiers. Pour lui, la lecture contribue à l’éveil de conscience, nourrit l’esprit et permet d’avoir un vocabulaire riche.
Très engagé socialement, dans le cadre du projet Digital Peacebuilding, Zoérim Désiré Sawadogo est nommé président des jeunes ambassadeurs pour la paix sur le numérique chez Search for Common Ground. Il est également le coordonnateur des Vendredis soirs du MC, un cadre de partages d’expériences entre les aînés et les cadets, porté par l’Alliance des maîtres de cérémonie du Burkina Faso, dont il est membre fondateur et chargé de communication adjoint.
Grâce à son travail acharné et à sa rigueur dans ses domaines, son talent ne passe pas inaperçu. En effet, son mérite a été reconnu à travers plusieurs distinctions, notamment le prix du meilleur jeune maître de cérémonie à la 12e édition des FAMA (Faso Music Awards) et le prix Cultura Afrique francophone 2025 au Bénin à travers son article intitulé « Le musée national du Burkina Faso au cœur de la patrimonialisation et de la muséification des traditions vivantes ». Ces prix représentent pour lui une fierté et une source de motivation, signe de l’aboutissement de plusieurs années d’efforts.
« Pour moi, un jeune qui essayait d’abord de s’affirmer et qui excelle aujourd’hui avec une bonne performance devant des spécialistes et des professionnels aguerris, ces distinctions constituent une reconnaissance méritée », a-t-il affirmé.
Du haut de ses 25 ans, Zoérim Désiré Sawadogo, ou encore l’homme à la voix amplifiée, a fait savoir que la distinction des FAMA l’a particulièrement marqué car il ne s’y attendait pas. Cette même distinction lui a valu une certaine renommée et a contribué à booster sa carrière de maître de cérémonie et le galvanise davantage. Elle a influencé positivement sa carrière et sa visibilité.
« Je m’apprêtais à faire du sport lorsque j’ai reçu d’innombrables messages sur mon téléphone disant que j’étais nominé et j’étais tellement surpris car je ne m’y attendais pas. C’est ainsi que je contacte Champy la Mélodie car la note notifiait que je devais performer au cours de la soirée pour essayer de remporter le prix. Je voulais un regard extérieur sur mon introduction. Il a vu le texte que j’ai produit et a tout de suite validé. Les FAMA restent un passage que j’ai apprécié car ils m’ont ouvert les portes de la télé. Nasser Sanou, lui, avait tellement confiance en moi. », a-t-il expliqué.
Né en Côte d’Ivoire et originaire de Kaya, Zoérim Désiré Sawadogo formule le vœu de devenir une icône dans l’univers médiatique, spécialement dans la maîtrise de cérémonie et des médias, et de devenir un pilier, une source d’inspiration pour la jeunesse montante qui espère embrasser les métiers de l’information et de la communication.
Ainsi, il invite les jeunes désirant exceller dans l’univers médiatique à oser, croire en eux, cultiver l’humilité et la curiosité, mais par-dessus tout, à refuser d’être bloqués par l’avis d’autrui. Selon lui, toute personne voulant réussir sa carrière doit être maître de son destin et accorder une place prépondérante à Dieu.
« Dieu est un pilier essentiel et, dans ma petite carrière, je suis la preuve vivante que Dieu existe et que la grâce de Dieu localise toute personne qui croit en lui », a-t-il affirmé.
Pour ce professionnel de la parole, la voix off et la maîtrise de cérémonie sont avant tout une suite naturelle du journalisme, à savoir informer, transmettre et créer un lien avec le public. Entre médias, présentation événementielle, voix off et maîtrise de cérémonie, son parcours illustre ainsi l’évolution des métiers de la communication, où la maîtrise de la parole et de la scène devient un atout majeur.
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