Africa-Press – Burkina Faso. Le verdict du procès impliquant Yé Yaké Camille a suscité diverses réactions au sein des parties prenantes, traduisant des lectures à la fois convergentes et nuancées de la décision rendue. Tandis que la défense se félicite de la relaxe prononcée en faveur de certains prévenus, les représentants de l’État burkinabè estiment que l’essentiel de leurs préoccupations a été pris en compte par le Tribunal, notamment sur le principe du préjudice moral. De son côté, le parquet souligne une décision globalement conforme à ses réquisitions, tout en rappelant les possibilités de recours ouvertes aux différentes parties.
Du côté de la défense, le verdict rendu a été accueilli avec un sentiment de satisfaction, notamment en ce qui concerne la situation de M. Bily Zongo, ancien Directeur administratif et financier du ministère. Son conseil, en la personne de Me Roger Yamba, estime que l’issue du procès confirme la pertinence de la position qu’il avait adoptée dès le début de la procédure. « C’est vraiment avec satisfaction que j’accueille la décision qui a été rendue, parce que telle avait été ma position depuis le départ. J’avais même émis l’idée que mon client n’arrive même pas au jugement, parce que ce n’était que sur la foi d’un témoignage empreint de contradiction qu’il a été conduit devant le Tribunal. Je crois qu’après les débats, le parquet lui-même avait requis sa rélaxe pour infraction non constituée. C’est ce qui a été fait. Je ne peux qu’être entièrement satisfait pour M. Bily Zongo, ex Directeur administratif et financier du ministère », s’est-il exclamé.
Représentant les intérêts de l’État burkinabè, Karfa Gnanou, de l’Agent judiciaire de l’État (AJE), estime que le Tribunal a, dans l’ensemble, suivi les arguments développés par leur partie au cours de l’audience. Il souligne notamment une reconnaissance du préjudice moral, bien que certains aspects financiers aient été revus. »En ce qui concerne l’État burkinabé dont nous défendons les intérêts, nous avions soutenu des positions tout au long de l’audience. A l’examen sommaire du dispositif qui vient d’être lu, nous nous rendons compte que sur l’essentiel des préoccupations que nous avons soulevées et soutenues, le Tribunal nous a suivis. Sur le préjudice moral, nous avons également obtenu gain de cause dans le principe. C’est le montant que le Tribunal a revu à la baisse. Il en est de même pour les frais exposés non compris dans les dépens… Nous pensons que c’est une décision qui va dans le sens de la préservation des intérêts de l’État », a-t-il jugé.
Du côté du parquet, le premier substitut du procureur, Idrissa Tapsoba, souligne que la décision rendue s’inscrit, dans une large mesure, dans la logique des réquisitions formulées lors du procès. Il rappelle toutefois les voies de recours ouvertes aux différentes parties. « On peut dire que nous sommes satisfaits parce que, pour l’essentiel, nos réquisitions ont été respectées ; ou du moins, à quelques exceptions près… Les intéressés ont la possibilité de faire appel. S’ils le font, nous allons transmettre le dossier à la Cour d’appel. Cette denière appréciera et décidera à nouveau. Mais s’il n’y a pas d’appel dans les dix jours qui constituent le délai de recours, on va considérer que la décision est devenue définitive », a-t-il affirmé.
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