Citadel Représente Burkina Faso au Workshop LoResLM 2026

Citadel Représente Burkina Faso au Workshop LoResLM 2026
Citadel Représente Burkina Faso au Workshop LoResLM 2026

Africa-Press – Burkina Faso. Le Centre d’Excellence Interdisciplinaire en Intelligence Artificielle pour le Développement (CITADEL) a présenté deux travaux scientifiques lors du Workshop on Language Models for Low-Resource Languages (LoResLM 2026), tenu à Rabat, au Maroc, en marge de l’EACL 2026 l’une des conférences de référence mondiale en traitement automatique des langues. Une double présence qui place Ouagadougou sur la carte de la recherche en intelligence artificielle africaine.

“Ces modèles sont déjà utilisé par le MTDPCE pour traduire automatiquement en mooré les grandes avancées de la Révolution Progressiste Populaire sur la plateforme burkina-en-marche.gov.bf “

L’IA mondiale parle vingt langues. Le Mooré mérite d’en faire partie.

Sur les quelque 7 000 langues parlées dans le monde, une vingtaine seulement bénéficient d’une représentation significative dans les systèmes d’intelligence artificielle. Le Mooré langue maternelle de près de 53 % de la population burkinabè n’en fait pas encore partie. C’est précisément ce déséquilibre que CITADEL s’emploie à corriger, avec des outils construits localement, pour des besoins locaux.

Cette année, le centre a soumis et fait accepter deux contributions distinctes au LoResLM 2026, chacune attaquant le problème d’un angle différent: la voix d’un côté, le texte de l’autre.

Première contribution: faire parler les machines en Mooré

« Contributing to Speech-to-Speech Translation for African Low-Resource Languages: Study of French–Mooré Pair »

Fayçal OUEDRAOGO, fellow CITADEL, a porté ce travail. La question de départ est simple mais décisive: à quoi sert une intelligence artificielle qui génère du texte si votre interlocuteur ne sait ni lire ni écrire?

L’équipe a choisi de travailler directement sur la voix. En construisant un corpus de 150 heures d’audio, elle a développé un système complet de traduction Français → Mooré en mode oral. Le modèle Wav2Vec-Bert-2.0 assure la reconnaissance vocale avec un taux d’erreur de seulement 4,24 % un résultat remarquable pour une langue à très faibles ressources numériques.

La synthèse vocale, assurée par XTTS-v2, a été validée par 77,8 % des locuteurs natifs interrogés, avec une note de 4,36 sur 5 à l’évaluation MOS (Mean Opinion Score).

Ce n’est pas un prototype de laboratoire. Ce modèle est déjà en production et a été mis à contribution par le gouvernement burkinabè pour diffuser des informations auprès des populations, de manière inclusive, sur la plateforme Burkina-en-marche.gov.bf. Un agriculteur, un patient, un parent peut aujourd’hui recevoir une information en santé ou en éducation dans sa propre langue, sans passer par l’écrit.

Deuxième contribution: comprendre le Mooré, pas seulement le prononcer

« Neural Machine Translation for French–Mooré: Adapting Large Language Models to Low-Resource Languages »

Walker Stanislas Rocksane COMPAORE, fellow CITADEL, a conduit ce second travail dans le cadre de son projet d’excellence au centre. L’objectif: rendre les grands modèles de langage capables de traduire entre le français et le Mooré, en texte.

Pour y parvenir, l’équipe a constitué un corpus de 83 000 paires de phrases Français–Mooré soigneusement validées, puis a procédé à l’affinage de trois modèles pré-entraînés de référence mondiale: NLLB-200, mBART-50 et AfroLM. Parmi ces trois architectures, NLLB finement ajusté s’est distingué comme le plus performant sur cette paire linguistique, ouvrant une voie concrète vers des outils NLP réellement utilisables en Mooré au quotidien.

Ensemble, une fondation pour une IA qui parle burkinabè

Ces deux papiers ne se font pas concurrence: ils se complètent. L’un travaille la voix, l’autre le texte. Séparément, chacun comble un manque réel dans le paysage numérique burkinabè. Ensemble, ils esquissent les fondations d’une intelligence artificielle capable de s’adresser à la majorité de la population du Burkina Faso dans sa propre langue.

La présence de CITADEL au LoResLM 2026 envoie un signal clair: Ouagadougou produit de la science de niveau mondial, au service de ses communautés. À une époque où la souveraineté technologique est un enjeu stratégique pour les nations africaines, ces travaux démontrent qu’il est possible de bâtir une IA utile, locale et compétitive sans dépendre de l’extérieur.

Et le Mooré n’est qu’un début.

Le Burkina Faso compte une soixantaine de langues vivantes. Chacune mérite d’être entendue et comprise par les outils numériques de demain. Les résultats de CITADEL au LoResLM 2026 montrent que c’est possible, même avec des ressources limitées. Ils sont encourageants, mais appellent à aller plus loin.

L’ambition du Ministère de la Transition Digitale, de la Poste et des Communications Électroniques (MTDPCE) qui, en partenariat avec la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) et des experts linguistes nationaux, travaille à faire de l’IA une réalité endogène au Burkina Faso. En s’appuyant sur des Centres d’Excellence comme CITADEL, le Ministère entend garantir que cette ambition se traduise en résultats concrets, au bénéfice de toutes les communautés du pays.

À propos de CITADEL

Le Centre d’Excellence Interdisciplinaire en Intelligence Artificielle pour le Développement (CITADEL) est le fer de lance de l’IA burkinabè. Depuis sa création, il a formé plus de 100 ingénieurs et chercheurs en IA, représenté le Burkina Faso dans des conférences internationales de rang mondial, et développé des solutions concrètes ancrées dans les réalités du pays: un chatbot juridique pour rendre le droit accessible, un système de détection d’accidents en temps réel, un système de détection de plagiat, un traducteur Français Mooré vocal et textuel, un générateur de contes traditionnels burkinabè, etc.

CITADEL ne fait pas de l’IA pour suivre une tendance mondiale. Il fait de l’IA pour résoudre des problèmes burkinabè avec des ressources burkinabè, des données burkinabè, des chercheurs burkinabè. Au-delà de ses propres travaux, le centre dynamise activement l’écosystème national.

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