Développement Durable de la Filière PDCO au Burkina Faso

Développement Durable de la Filière PDCO au Burkina Faso
Développement Durable de la Filière PDCO au Burkina Faso

Africa-Press – Burkina Faso. Le Centre National Cardinal Paul Zoungrana (CNCPZ) a accueilli un atelier d’échanges et de concertation autour du développement de la filière de la patate douce à chair orange (PDCO), une culture aux atouts nutritionnels et économiques majeurs pour le Burkina Faso. Initiée par The Hunger Project Burkina Faso (THP-BF), cette rencontre a réuni un large éventail d’acteurs, notamment les producteurs, les transformateurs, les chercheurs, les institutions publiques, les ONGs et les partenaires techniques. L’objectif commun étant de structurer durablement la filière afin d’en faire un pilier de la sécurité alimentaire et de la résilience des communautés.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par l’intervention de M. Evariste YAOGHO, représentant le Conseil National de THP-BF, qui a salué la mobilisation des parties prenantes et souligné l’importance d’une synergie d’actions. Le discours d’ouverture, prononcé par M. Benjamin ZALVE, Président de la délégation spéciale de Bissiga, commune d’intervention du projet PDCO, a réaffirmé l’engagement des autorités locales à accompagner le développement de cette filière porteuse.

Pendant deux jours, les participants ont procédé à une analyse approfondie des contraintes qui affectent les différents maillons de la chaîne de valeur de la production à la commercialisation tout en esquissant une vision ambitieuse pour les cinq prochaines années. Les travaux ont été nourris par des partages d’expériences de THP-BF et de ses partenaires, notamment Helen Keller International et Mani Tese, ainsi que par des contributions techniques des structures étatiques et de recherche telles que le ministère en charge de l’agriculture, le ministère de la santé à travers la Direction de la Nutrition, l’INERA, l’IRSAT et l’ANVAR.

Dans sa communication introductive, M. Jacques Sankara, responsable du partenariat, de la mobilisation des ressources, du plaidoyer et de la communication de THP-BF, a présenté la vision et les interventions de l’organisation, mettant en avant l’approche innovante de l’épicentre fondée sur la mobilisation communautaire, ainsi que les actions en cours pour promouvoir la PDCO.

Le PIMA-PDCO a présenté ses efforts en matière d’organisation et de structuration des producteurs, mettant en lumière les avancées réalisées ainsi que les défis persistants pour renforcer la cohésion et la performance des groupements. De leur côté, les ONG Helen Keller International et Mani Tese ont partagé leurs expériences d’accompagnement des communautés dans la mise en œuvre de projets de valorisation de la PDCO, notamment à travers le renforcement des capacités, la promotion de la transformation et l’amélioration de la consommation des produits dérivés. Ces interventions ont permis d’illustrer concrètement les bonnes pratiques et les impacts déjà observés sur le terrain.

Les présentations scientifiques ont permis de mieux cerner les potentialités de cette culture. Le chercheur Koussao SOME de l’INERA a souligné la résilience de la PDCO face aux aléas climatiques, sa tolérance à la sécheresse et son fort potentiel productif. Il a également insisté sur sa richesse en bêta-carotène, un précurseur de la vitamine A essentiel pour prévenir les carences nutritionnelles, notamment chez les enfants et les femmes enceintes.

Dans la même dynamique, la Direction de la Nutrition et des partenaires ont renforcé cet argumentaire en mettant en évidence les qualités nutritionnelles de la PDCO. Celle-ci constitue une source importante d’énergie et de nutriments essentiels, vitamine C, vitamines du groupe B (niacine, riboflavine, thiamine), ainsi que des sels minéraux tels que le potassium, le phosphore, le calcium et le fer. Associée aux légumineuses, elle peut former un aliment complet, capable de prévenir efficacement la malnutrition et les déficits en micronutriments.

Sur le volet transformation, Mariam Coulibaly de l’IRSAT a présenté les produits dérivés issus de la PDCO, farine, purée, pain, biscuits, beignets, chips ou encore pâtes alimentaires, ce qui démontrent les opportunités de valorisation et de substitution partielle aux farines importées.

Les discussions ont également mis en lumière des défis majeurs, notamment l’insuffisante structuration des acteurs, les limites techniques dans la production et la transformation, ainsi que les difficultés d’accès aux marchés. Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes d’assurance qualité et de certification, conditions indispensables pour améliorer la compétitivité de la filière et accéder à des débouchés plus rémunérateurs.

À l’issue des travaux de groupe et des échanges en plénière, des solutions concrètes et des actions prioritaires ont été identifiées, accompagnées de recommandations stratégiques en matière de plaidoyer. L’un des acquis majeurs de l’atelier reste la volonté partagée de mettre en place une plateforme de concertation regroupant les acteurs nationaux et internationaux engagés dans la promotion de la PDCO, afin de renforcer la coordination et l’impact des interventions.

À travers cette initiative, THP-BF réaffirme son engagement à accompagner les communautés rurales vers une agriculture durable, une meilleure nutrition et des moyens d’existence renforcés. Plus que jamais, la PDCO s’impose comme une solution stratégique pour lutter contre la malnutrition et améliorer durablement les conditions de vie des populations, en particulier les plus vulnérables.

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