Moussa Dakouré, jeune agriculteur face au climat

Moussa Dakouré, jeune agriculteur face au climat
Moussa Dakouré, jeune agriculteur face au climat

Africa-Press – Burkina Faso. Dans le village de Koala, commune de Saaba, Moussa Dakouré incarne une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles. Entre innovation, apprentissage autodidacte et résilience face aux aléas climatiques, ce jeune agriculteur-éleveur se lance dans des cultures ambitieuses comme l’ananas et le cacao, avec une détermination à toute épreuve.

Né dans une famille d’agriculteurs vivant à Ouagadougou, Moussa Dakouré a grandi au rythme des saisons agricoles. Dès son plus jeune âge, il accompagne son grand-père aux champs pendant l’hivernage, une période où la famille quittait Ouagadougou pour le village. Ces moments passés au contact de la nature ont façonné sa vocation. Très tôt, il développe un attachement particulier à l’agriculture et à l’élevage, au point de faire un choix décisif qui est d’abandonner l’école dès le primaire pour se consacrer entièrement à ce qu’il considère comme sa véritable voie.

Aujourd’hui, Moussa Dakouré est un agriculteur-éleveur engagé qui s’investit depuis plusieurs années dans le maraîchage et les cultures vivrières. Mais loin de se limiter aux pratiques traditionnelles, il incarne une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles ouverts à l’innovation et à l’apprentissage continu. C’est ainsi qu’il y a environ quatre ans, il décide de se lancer dans une culture difficile à pratiquer dans sa localité à cause du climat. Cette culture, c’est l’ananas. Une initiative née d’une simple découverte sur les réseaux sociaux. « Un jour, je suis tombé sur une vidéo sur Facebook qui montrait un champ d’ananas. J’ai aimé le contenu et j’ai commencé à suivre les vidéos pour apprendre », confie-t-il. Mais le jeune homme ne s’est pas contenté d’apprendre en ligne. Soucieux d’acquérir une expérience concrète, il rejoint un ami qui exploitait déjà une plantation d’ananas dans la zone de Komki-Ipala. Sur place, il s’immerge dans toutes les étapes de la production, du semis à la récolte.

Fort de cette expérience, il décide de tenter l’aventure dans son propre village. Il met en place une plantation d’ananas avec l’espoir de diversifier ses sources de revenus et d’inspirer d’autres jeunes de sa communauté. Cependant, le parcours n’a pas été sans difficultés. « Normalement, la production commence 18 mois après le semis. Mon champ a atteint ce stade, mais la production n’a pas encore véritablement commencé à cause d’un problème d’eau au départ », explique-t-il. Le manque de maîtrise de l’irrigation a constitué un obstacle majeur. Mais fidèle à sa détermination, Moussa a su s’adapter. Aujourd’hui, il affirme avoir amélioré la gestion de l’eau sur son exploitation et reste optimiste. « Je pense que d’ici les mois de mai-juin, la production pourra commencer », rassure-t-il.

Parallèlement à ce projet, l’entrepreneur agricole nourrit une ambition encore plus audacieuse, introduire la culture du cacao dans son village. Une initiative qui peut sembler surprenante dans une zone sahélienne où les conditions climatiques sont peu favorables à cette culture exigeante en humidité. Pourtant, M. Dakouré a déjà tenté une première expérience. Il avait mis en place une pépinière de 8 000 plants de cacao, qui montrait des signes encourageants. Mais un contretemps est venu compromettre ses efforts. Parti au Ghana pour un séjour, il confie le suivi de la pépinière à ses collaborateurs. Malheureusement, le manque de rigueur dans l’entretien des plants a entraîné la perte totale des pépinières.

Un échec difficile, mais loin de le décourager. « Je vais reprendre le cacao. Je suis en train de discuter avec des partenaires pour voir comment obtenir des semences des pays côtiers », affirme-t-il avec conviction.

Conscient des contraintes climatiques, il ne se fait pas d’illusions sur la difficulté du défi, mais reste animé par une foi inébranlable: « Rien n’est impossible quand on a la volonté ». Cependant, pour concrétiser ses ambitions, l’entrepreneur agricole lance un appel à la solidarité. Il sollicite l’appui de toute personne ou organisation de bonne volonté pouvant contribuer à son projet, que ce soit à travers des semences, des conseils techniques, un accompagnement ou un soutien financier.

Dans un contexte où l’agriculture reste un pilier essentiel de l’économie locale, des initiatives comme celle de Moussa Dakouré méritent d’être soutenues et valorisées. Elles ouvrent la voie à une agriculture plus diversifiée, plus innovante et mieux adaptée aux défis actuels.

 

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