Africa-Press – Burkina Faso. Pour l’obtention de son doctorat, l’étudiant Gnirako Ahmed Donatien Bikié a mené son étude sur un sujet aussi d’actualité qu’à fort impact socio-économique avéré. « Impact des changements climatiques sur les ressources en eau dans le bassin du Mouhoun au Burkina Faso: intégration de la mécanisation dans les productions agricoles » ; tel est le thème qui a, pendant plus de trois ans, requis un travail de terrain, de revue de littérature, de publications et de communications scientifiques au plan national et à l’international. Samedi 25 avril 2026 à l’université Joseph Ki-Zerbo, le doctorant Ahmed Bikié a brillamment défendu sa thèse devant un jury, et à l’issue de cette ultime étape, il a été élevé au grade de Docteur avec la mention « Très Honorable ».
L’objectif général de l’étude est, rappelle l’impétrant, de contribuer à une meilleure compréhension de la variabilité climatique et de son impact sur le processus hydrologique dans le sous bassin versant du Mouhoun soumis à une forte pression anthropique pour l’agriculture et d’autres usages. Spécifiquement, il s’agit d’analyser les tendances climatiques passées et leur impact sur l’agriculture, de déterminer ensuite les tendances hydro-climatiques futures comparativement à une période historique de référence suivant différents scénarios d’émissions des gaz à effet de serre et enfin de diagnostiquer les systèmes de productions agricoles et de proposer une stratégie d’adaptation à une échelle locale.
Pour défendre le travail, le candidat était face à un jury composé de sept membres (dont le président), tous des avertis et spécialistes du sujet. Il s’agit de Dieudonné Jospeh Bathiébo, professeur titulaire en Transfert thermique/Sciences des matériaux à l’université Joseph Ki-Zerbo, Burkina Faso, (président du jury) ; Roland Ousmane Yonaba, Maître de Conférences en Hydrogéologie, Hydrologie et Environnement à l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement, Burkina Faso, (rapporteur) ; Emmanuel Ouédraogo, Maître de Conférences en Physique des matériaux et énergétique à l’université Lédéa Bernard Ouédraogo à Ouahigouya, Burkina Faso (rapporteur) ; Koffi Sagna, Maître de conférences en Physique des matériaux et énergétique à l’université de Lomé, Togo (rapporteur, intervenu de Lomé via Zoom) ; Yacouba Yira, Maître de recherche en Hydrologie au Centre national de recherche scientifique et technologique, Burkina Faso (examinateur) ; Sié Kam, Professeur titulaire en Transfert thermique/Sciences des matériaux à l’université Joseph Ki-Zerbo, Burkina Faso (directeur de thèse) ; et Siédouba Georges Yé, Maître de recherche en Mécanique appliquée/Machinisme agricole au Centre national de recherche scientifique et technologique, Burkina Faso (co-directeur de thèse).
C’est devant de nombreux parents, amis, collègues, étudiants et autres invités que le doctorant a été introduit dans le vif du sujet par le président du jury. Cette première partie est donc consacrée à la présentation de la quintessence du travail du candidat, et ce, dans un timing de 45 minutes maximum. Ainsi, après l’introduction, M. Bikié a déroulé sa présentation autour des grandes articulations ci-après: état de l’art, matériel et méthodes, résultats et discussions, puis conclusion générale et perspectives.
Par le premier point, c’est-à-dire l’état de l’art, le candidat a mis en relief les tendances hydro-climatiques passées et les projections hydro-climatiques à l’échelle de la terre, et de l’Afrique subsaharienne pour finir au niveau du Burkina Faso. Il a ensuite présenté les types, modèles et scénarii climatiques, de modèles hydrologiques et les normales climatiques définies par l’Organisation météorologique mondiale.
Dans le volet consacré aux matériels et méthodes, l’impétrant s’est attardé sur la présentation de la zone d’étude, les outils et données utilisés avant de passer à l’analyse des tendances climatiques récentes et leur impact sur l’agriculture, aux projections hydro-climatiques et à l’analyse des anomalies, puis au diagnostic des systèmes de productions agricoles et à la stratégie d’adaptation.
Après avoir fait cas des résultats et discussions, le candidat a relevé les limites de l’étude, à savoir que, primo, la discontinuité de certaines données d’observation et la variabilité entre les modèles climatiques peuvent contribuer à accroître les incertitudes dans l’évaluation de la performance des modèles utilisés ; et, secundo, la taille de la population enquêtée n’est pas représentative de l’ensemble de la population des producteurs de la province.
C’est pourquoi, en termes de perspectives, le candidat présente: données de réanalyse, modèle hydrologique semi-distribué et une collecte de données en présentiel pourrait accroître la représentativité des producteurs de la province des Balé.
Par ailleurs, on retient que le doctorant a fait plusieurs publications et communications scientifiques au plan national et au niveau international.
À l’issue de sa présentation, réussie, mentionne le jury, en tenant le pari du temps et de la pertinence, Ahmed Bikié a été soumis à l’intervention des membres du jury. Cette étape a consisté pour chaque membre du jury, et sous la houlette du président, à faire ses observations de fond et de forme, poser des questions d’éclaircissement, faire des suggestions et éventuellement donner des conseils, non seulement en vue d’améliorer le document final, mais aussi dans une dynamique de perspective, eu égard surtout aux enjeux de la thématique d’étude. « Le candidat a fait un très bon exposé de ses travaux de thèse et a su montrer qu’il avait une parfaite maîtrise sur un sujet complexe. Le jury a particulièrement apprécié le travail scientifique réalisé, tant par la qualité que par la pertinence des résultats obtenus, ainsi que l’aisance avec laquelle il a répondu aux nombreuses questions des membres du jury », a accueilli le jury.
Après plus de cinq heures d’examen de ce travail minutieusement mené pendant plus de trois ans par le candidat, Gnirako Ahmed Donatien Bikié, le jury lui a, à l’issue de la délibération, décerné le grade de Docteur avec la mention « Très Honorable ».
Avec des sentiments de fierté pour une mission pleinement couronnée, le désormais Dr Gnirako Ahmed Donatien Bikié a l’esprit tourné vers les perspectives, pour, confie-t-il, continuer à produire des articles et améliorer la compréhension de la variété climatique dans la zone d’étude, et plus globalement au Burkina Faso et bien au-delà. Moment idéal pour lui également d’exprimer ses reconnaissances à toute l’équipe qui a contribué à encadrer le travail.
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