Situation nationale : « Rien ne saurait être placé devant le droit d’exister », défend le CREDD

Situation nationale : « Rien ne saurait être placé devant le droit d'exister », défend le CREDD
Situation nationale : « Rien ne saurait être placé devant le droit d'exister », défend le CREDD

Africa-Press – Burkina Faso. Rien ne saurait être placé devant le droit d’exister et de vivre des Burkinabès des villes et des campagnes », ont déclaré les premiers responsables du Cadre de réflexion et d’action pour le développement durable (CREDD), au cours d’une conférence de presse, ce samedi 4 novembre 2023 à Ouagadougou.

Selon le président du CREDD, Pato Dondassé, le climat sociopolitique du Burkina Faso montre « des foyers de tension visiblement croissante qui donneraient l’impression d’être savamment entretenus par certaines mains invisibles ».

L’association qui se définit comme un cadre de réflexion, de dialogue et d’action sur les questions essentielles à la vie politique, se demande si les Burkinabè ont une « conscience réelle de la crise qui menace l’existence même du Burkina Faso en tant qu’Etat, en tant que Nation ».

Pour le CREDD, « rien ne saurait être placé devant le droit d’exister » et « les combats pour les intérêts égoïstes individuels ou corporatistes de toutes formes que ce soit sont inopportuns ». Ses premiers responsables rappellent que la mère de toutes les libertés est la liberté d’Exister. « Nous ne disons pas qu’il faut dénier à quelqu’un le droit de parler ou de manifester. Mais nous sommes dans une situation où notre existence n’est pas évidente. Pensons un peu aux Burkinabè qui ont perdu la vie, aux déplacés internes. A chacun d’interroger sa propre conscience », a déclaré Pato Dondassé avant de lancer un appel à la mobilisation « pour faire échec au terrorisme, notre seul ennemi commun ».

Le CREDD s’est prononcé également sur la situation des coups d’Etat en Afrique de l’Ouest, les actions de la CEDEAO et la crise nigérienne.

Sans prendre parti pour les coups d’Etat, le CREDD soutient qu’ils sont la conséquence d’un certain nombre « d’ingrédients » entretenus au niveau des États. « Si les populations voient que le système démocratique appliqué ne resoud pas leurs problèmes, elles peuvent voir ces coups d’Etats comme un système transitoire qui puisse les mener vers un idéal de gouvernance », a déclaré le président du CREDD, pour qui le système démocratique des États doit être repensé.

En attendant, il a fait un diagnostic des maux qui minent les démocraties africaines à savoir « les corruptions électorales, le tripatouillage des urnes, le non respect du jeu démocratique ou la manipulation des institutions, l’impunité réservée aux « coups d’Etat institutionnels », l’accentuation des inégalités sociales, etc ».

Le CREDD note que la CEDEAO est en pleine déliquescence et a échoué à faire respecter ses propres valeurs que sont l’égalité, l’interdépendance, la solidarité…) « Qu’a-t-elle fait pour réellement bouter les terroristes hors du Mali du Niger et du Burkina Faso ? », se demande le CREDD.

Pour l’association, la politique a pris le pas sur la vision économique et sociale de l’institution qui est de plus en plus perçue comme peu démocratique entre autres du fait qu’elle consulte très peu le parlement sur des questions importantes comme le cas d’une intervention au Niger. « Sur quelle base légale et légitime, ces décisions ont-elles été prises ? », s’interroge une fois de plus Pato Dondassé.

Pour le CREDD, cette non consultation, crée des frustrations et donne le sentiment que la CEDEAO est manipulée par des acteurs externes. « L’appel à une puissance coloniale par des Etats africains à soutenir une intervention armée contre un Etat frère est en lui seul l’expression de l’indécence et le refus de l’auto détermination. C’est inacceptable en ce 21e siècle, le refus d’une Afrique de s’assumer. »

Le CREDD s’interroge sur le deux poids deux mesures de la CEDEAO face aux coups d’Etat. « Pourquoi faire la guerre au Niger, alors que d’autres pays membres (Mali, BFA, Guinée) qui sont dans la même situation sont plutôt traités autrement ? Y a-t-il des putschistes désirables et d’autres non désirables de la CEDEAO ? », se demandent les conférenciers.

Selon le CREDD, la CEDEAO doit être refondée pour être indépendante face aux intérêts géo-stratégiques des grandes puissances. « Il faut une indépendance vis-à-vis des influences extérieures avec un financement assuré à 100% par les États membres. Tant que la CEDEAO va rester sous financement de puissances extérieures, les décisions qui seront prises seront au profit de ces mêmes puissances. LA CEDEAO a une vocation d’intégration économique et sociale. Il y a tellement de choses à faire que de vouloir engager des actions politiques contre des pays qui vont déstabiliser toutes nos économies », a conclu le président du CREDD, Pato Dondassé.

Fredo Bassolé

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