Africa-Press – Burkina Faso. Des images montrant des dizaines de civils tués dans le nord du pays ont suscité l’émoi sur les réseaux sociaux burkinabè. Selon les autorités, ces massacres ont été commis par des groupes jihadistes. Des sources locales pointent, elles, la responsabilité de l’armée.
Ces derniers jours, des images insoutenables de civils abattus, dont des femmes et des enfants, circulent sur certains groupes WhatsApp burkinabè. Dans une vidéo, largement relayée, un nourrisson pleure dans le dos de sa mère morte. D’après plusieurs sources, ces images ont été tournées le 15 décembre 2023 dans des villages de la région du Sahel, notamment Sé et Bouro, une zone où l’armée burkinabè a mené des opérations ces derniers jours. Pour le moment, le mystère sur les responsables de ces massacres reste entier, mais certains témoins n’hésitent pas à indexer l’armée, et en particulier des membres des Brigades d’intervention rapide (BIR).
Le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé à un remaniement ministériel, ce 17 décembre 2023. Le chef de l’Etat, président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé, ce 17 décembre 2023, à un remaniement ministériel. Si la plupart des ministres ont conservé leurs strapontins, six changements sont à noter.
Une source sécuritaire insiste, elle, sur « le machiavélisme des terroristes, qui font tout pour opposer les populations locales aux forces combattantes républicaines ». Une thèse également soutenue par un communiqué du gouvernement, publié le 18 décembre. Selon son porte-parole, Jean Emmanuel Ouédraogo, « il s’agit de montages perfides destinées à jeter le discrédit » sur les Forces de défense et de sécurité et sur les Volontaires pour la défense de la patrie, « qui ont opposé une résistance héroïque face à la déferlante terroriste qui a lamentablement échoué à prendre le contrôle du camp de Djibo ». Et d’inviter « les populations à n’accorder aucun crédit aux vidéos » qui circulent sur les réseaux sociaux.
Selon la version des faits livrée par le gouvernement, « ces massacres » ont été « perpétrés » par les terroristes. « Battus sur le terrain militaire, ils [les terroristes] amplifient la guerre de communication pour tromper l’opinion en transformant leurs défaites en victoires et en essayant de construire dans l’imaginaire populaire une image foncièrement négative des combattants et des patriotes burkinabè », souligne le ministre Jean Emmanuel Ouédraogo.
Opération de l’armée
Le 14 décembre, l’Agence d’information du Burkina (AIB) a fourni des détails sur l’opération Tchefari-Lii, qui a, selon elle, été menée par « trois bataillons d’intervention rapide, les unités Guépard et Phantom et un commando des Forces spéciales de l’armée de terre avec l’appui de vecteurs aériens ». « Plusieurs centaines de terroristes ont été neutralisés, des véhicules dérobés à l’armée et des citernes de carburant dérobées aux civils ont été saisies par les BIR, et d’autres détruits dans les combats », explique l’AIB. D’après cette agence d’État, l’opération aurait permis de reconquérir « Baraboulé et toutes les autres localités au nord de Djibo jusqu’à la frontière malienne ».
Dans son communiqué du 18 décembre, le régime d’Ibrahim Traoré a précisé que « les opérations militaires menées dans la zone de Djibo […] ont plutôt permis aux forces burkinabè de libérer des mains des terroristes des populations souffrant le martyr sous le diktat inhumain qui leur a été imposé par ces barbares des temps modernes ».
Le 26 novembre dernier, une attaque jihadiste massive avait visé la ville de Djibo, faisant des dizaines de morts et de blessés parmi les militaires et les civils. Le gouvernement de la transition n’a jamais officiellement communiqué sur cette attaque, mais les médias publics avaient fait état de la neutralisation « d’au moins 400 terroristes » sur « près de 3 000 » qui auraient mené l’assaut contre cette ville du nord du pays soumise à un blocus du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, ou JNIM, en arabe), affilié à Al-Qaïda. Selon nos informations, au moins 22 soldats et une cinquantaine de jihadistes ont été tués dans cette attaque, ainsi que de nombreux civils – au moins 40, a précisé l’ONU dans un communiqué.
Source: JeuneAfrique
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