Deux journalistes burkinabè brièvement interpellés en Côte d’Ivoire

Deux journalistes burkinabè brièvement interpellés en Côte d’Ivoire
Deux journalistes burkinabè brièvement interpellés en Côte d’Ivoire

Baudelaire Mieu

Africa-Press – Burkina Faso. Ces deux hommes, qui travaillent pour la télévision publique burkinabè, ont été arrêtés le 23 février dans la zone frontalière alors qu’ils filmaient sans autorisation du côté ivoirien de la frontière. Ils ont finalement été libérés.

Dans le contexte des relations tendues entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, l’incident intervenu le 23 février, à Laleraba, à la frontière entre les deux pays, n’est pas passé inaperçu.

Selon des sources sécuritaires ivoiriennes, un cortège de cinq pick-up, avec à leur bord des policiers burkinabè armés, a circulé de manière suspecte du côté ivoirien de la frontière. Les forces de sécurité ont donc voulu intervenir, provoquant la fuite de ces visiteurs en territoire burkinabè. Sur les cinq véhicules, un n’a pas eu le temps de repartir. Un chauffeur et deux individus se présentant comme des journalistes sont alors interpellés.

« Habituellement, nous sommes informés des mouvements des uns et des autres dans cette zone pour éviter tout incident. Cette fois-ci, nous avons été surpris. Nous avons constaté que des membres de la délégation burkinabè filmaient », révèle une source sécuritaire ivoirienne.

Deux heures de négociations

Les identités des trois hommes sont rapidement vérifiées. Il s’agit du journaliste Ismaël Saturnin Paré, de son cadreur Madou Ouédraogo – qui travaillent pour la Radiodiffusion-télévision du Burkina (RTB) –, et de leur chauffeur. Ils étaient sur place pour une mission de prospection en amont d’une visite dans la région des ministres burkinabè de la Défense, le général Kassoum Coulibaly, et de la Sécurité, Mahamadou Sana.

Durant deux heures, des négociations ont lieu entre les autorités ivoiriennes et burkinabè. Dans un premier temps, elles impliquent les autorités administratives et sécuritaires de Ouangolodougou, la grande ville du Nord ivoirien dont dépend Laleraba, et le commissaire burkinabè Marc Dakuyo, directeur de la police nationale dans la région des Cascades.

À Abidjan, l’affaire remonte au niveau des ministères de la Défense et de la Sécurité. Ordre est finalement donné de relâcher les trois Burkinabè, qui sont remis à leurs responsables sécuritaires.

Tensions entre Ouattara et Traoré

Des incidents similaires se produisent ponctuellement dans le nord de la Côte d’Ivoire – où la délimitation de la frontière avec le Burkina Faso n’est pas assez précise – mais sont généralement vite réglés.

Les relations restent tendues entre Alassane Ouattara et le capitaine Ibrahim Traoré qui, tant en public qu’en privé, n’hésite pas à tancer régulièrement les autorités ivoiriennes. Au cœur de la discorde entre Abidjan et Ouagadougou: l’affaire des deux gendarmes ivoiriens arrêtés au Burkina Faso en septembre dernier et toujours détenus par les autorités burkinabè.

Source: JeuneAfrique

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Burkina Faso, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here