Le projet de Résilience communautaire dans le secteur agrosylvopastoral au Burkina Faso (ResCom), après quatre années de mise en œuvre, arrive à son terme. Afin de capitaliser les acquis engrangés et les leçons apprises, un atelier de clôture, réunissant l’ensemble des acteurs de mise en œuvre, se tient ce vendredi 23 janvier 2026 à Ouagadougou. On note que ce sont plus de 60 000 ménages qui ont été touchés par les activités menées par le projet.
Implémenté dans 15 communes des régions du Yaadga, des Koulsé et des Bankui, le projet ResCom avait pour objectif principal de renforcer la résilience communautaire des ménages, y compris celle des Personnes déplacées internes (PDI), à répondre aux défis dans le secteur agrosylvopastoral, dans un contexte marqué par les changements climatiques et l’insécurité. Les activités ont été menées autour de quatre axes que sont le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés et ménages cibles, la reconstitution des moyens d’existence des populations sédentaires et des PDI, l’augmentation des revenus des populations par la promotion d’emplois ruraux et l’accès aux marchés ainsi que le renforcement de la cohésion sociale.
Plusieurs actions menées en vue de la résilience des communautés
À l’heure du bilan de la mise en œuvre du projet ResCom, les résultats permettent d’enregistrer plus de 60 000 ménages touchés par les différentes interventions, fait savoir le coordonnateur du projet, Denis Eta. En termes d’acquis, l’on peut noter en ce qui concerne l’accroissement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés, la mise en place de 5 sites maraîchers de 1 hectare chacun au profit de 169 femmes, jeunes et PDI ; l’aménagement de 4 sites rizicoles de 52 hectares et de 3 forages pastoraux équipés de système solaire ; la récupération de 2 078 hectares de terre dégradée ; la formation de 22 630 ménages en techniques agricoles durables ; l’aménagement de 4 pistes rurales pour faciliter l’écoulement des produits et la mise en place de 51 comités locaux de récupération de terre.
En ce qui concerne la reconstitution des moyens d’existence des populations résidentes et des PDI, on note la constitution de 88 associations villageoises d’épargne crédit ; l’élaboration de 12 plans de contingence sur la sécurité alimentaire ainsi que 1 760 ménages qui ont reçu des rounds de filets sociaux et bénéficié d’activités génératrices de revenus.
Pour ce qui est de l’augmentation des revenus des communautés, le projet ResCom a permis la construction de 9 cases de conservation de produits agricoles, la réalisation de 5 magasins de warrantage, la réalisation et l’équipement de 2 mini laiteries, la création de 811 nouveaux emplois dans l’agro sylvo pastoral, l’accès de 4 322 ménages agropastoraux à des marchés rémunérateurs et l’accès de 3 350 femmes au microcrédit.
Pour le volet renforcement de la cohésion sociale, on enregistre la mise en place de 72 comités villageois et 15 comités communaux de prévention et de gestion des conflits, la formation de 1 732 leaders communautaires, 1 886 jeunes et 1 840 femmes en gestion des conflits ainsi que l’organisation de 838 dialogues sur la consolidation de la paix au profit de 6450 personnes.
Des personnes déplacées internes et des communautés relevées grâce aux actions de ResCom
Adama Ouédraogo est une femme ressortissante de la commune de Arbolé. Mère de 3 enfants, elle vendait des ignames en bordure de route pour subvenir aux besoins de sa famille et sa situation était précaire. Grâce au projet ResCom, elle a bénéficié d’une formation en embouche ovine. À travers l’élevage qu’elle pratique grâce à cette formation, ses conditions de vie se sont nettement améliorées. Elle arrive désormais à subvenir aux besoins de sa famille et a même diversifié ses sources de revenus à travers l’ouverture d’une boutique d’habillement.
Mme Gansonré est quant à elle une personne déplacée interne qui a quitté Djibo pour s’installer à Dédougou. Également bénéficiaire du projet ResCom, elle s’adonne à l’élevage de volaille. Grâce à cette activité, elle subvient aux besoins de sa famille. Elle a aussi soutenu deux personnes déplacées internes dans la vente de légumes, une activité qu’elle mène parallèlement à son activité d’élevage.
Pour ces deux femmes qui ont livré leurs témoignages au cours de la clôture du projet, le projet ResCom leur a permis de retrouver leur dignité et d’améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs familles.
Les parties prenantes satisfaites des résultats engrangés
Le projet ResCom a été mis en œuvre par le consortium SNV et le Conseil danois pour les réfugiés et financé par l’ambassade du royaume du Danemark à hauteur de 8,5 milliards de FCFA. Adama Boro, représentant du ministre de l’agriculture qui a présidé la cérémonie de clôture du projet, a exprimé son entière satisfaction au regard des résultats engrangés. « Le projet ResCom a su tracer des sillons forts pour le développement du secteur agrosylvopastoral avec une implication effective et active des femmes et des jeunes, mais aussi pour le relèvement des communautés vulnérables. Le projet ResCom n’a pas seulement eu des résultats quantifiables. Il a su mettre en place un changement de système nourrissant la collaboration, la synergie d’action, l’innovation et le vivre-ensemble. Si ResCom n’avait pas existé, il aurait fallu le créer », a-t-il laissé entendre.
Pour la directrice pays de SNV, Marjon Tuinsma, ResCom a été un levier de transformation, un espace d’apprentissage, de collaboration, d’adaptation et de construction de la résilience sur plusieurs aspects. « Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que notre ambition de départ s’est traduite en résultats concrets, mesurables et visibles sur le terrain. Pendant 4 ans et demi, le projet a travaillé à renforcer la résilience des ménages, y compris des personnes déplacées internes, face aux effets conjugués du changement climatique et de l’insécurité. Il a su s’inscrire dans une vision intégrée à travers le triple nexus humanitaire, développement et paix ».
Armelle Ouédraogo
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