Africa-Press – Burundi. Le ministre de la Défense américain a annoncé la nomination par le président Donald Trump du général Kevin D. Admiral pour prendre la tête de l’armée américaine en Europe et en Afrique, faisant de lui le premier officier américain d’origine africaine à être nommé à ce poste par l’administration Trump, et le deuxième général de cette origine à être nommé à la tête de ce commandement militaire depuis sa création sous sa forme actuelle.
Cette nomination s’inscrit dans une série de changements importants au sein du commandement militaire américain, qui a vu plusieurs hauts responsables quitter leurs postes avant la fin de leur mandat, ainsi qu’une restructuration de certains postes militaires supérieurs et une réduction des grades qui leur sont attribués.
Si le Sénat américain approuve la nomination, le général Kevin D. Admiral deviendra le quatrième commandant permanent de l’armée américaine en Europe et en Afrique depuis la fusion des commandements Europe et Afrique en 2020. Il assumera également le commandement des forces terrestres alliées de l’OTAN, tout en conservant le grade de général, après que le grade de ce poste ait été abaissé par rapport à celui qui était précédemment attribué à un officier de rang supérieur.
Il succédera au général Christopher Donahoe, qui a quitté son poste plus tôt que prévu, tandis que le général Christopher Norrie a temporairement dirigé les forces depuis le départ de Donahoe. Des rapports médiatiques ont indiqué que le ministre de la Défense avait poussé Donahoe à démissionner, mais le ministère de la Défense n’a pas fourni d’explication officielle détaillée concernant les raisons de son départ.
Le général Kevin D. Admiral dirige actuellement la 3e brigade blindée et la base Fort Hood au Texas, ayant précédemment commandé la 1re division de cavalerie, le 3e régiment de cavalerie, et la 1re bataillon du 36e régiment d’infanterie. Il a également participé à des missions militaires et à des déploiements en Irak, en Afghanistan et en Europe. Cependant, son dossier militaire public ne montre pas qu’il a précédemment dirigé une formation militaire axée sur le continent africain.
Si le Sénat approuve sa nomination, il deviendra le premier officier noir nommé par l’administration Trump pour diriger l’armée américaine en Europe et en Afrique, et le deuxième général américain d’origine africaine à occuper ce poste, après le général Darryl Williams, qui est devenu le premier commandant noir de ce commandement conjoint en juin 2022 sous l’administration de l’ancien président Joe Biden.
Le général Admiral rejoindra ainsi un groupe restreint de généraux américains noirs ayant occupé des responsabilités stratégiques liées à la présence militaire américaine en Afrique. Le général William Kip Ward a été le premier commandant du commandement américain en Afrique (AFRICOM) lors de sa création en 2007, tandis que le général des Marines Michael Langley est devenu en 2022 le sixième commandant d’AFRICOM et le premier général d’origine africaine avec le grade de quatre étoiles dans l’histoire des Marines américains, occupant ce poste jusqu’en août 2025. Le général Dagvin R. Anderson, nommé par Trump en 2025, dirige actuellement AFRICOM en tant que septième commandant.
Ces changements interviennent à un moment où les États-Unis font face à une intensification de la concurrence avec la Russie et la Chine pour l’influence sur le continent africain. Moscou a renforcé sa coopération militaire avec les gouvernements du Mali, du Burkina Faso et du Niger, tandis que la Chine continue d’élargir sa présence en tant que l’un des plus grands fournisseurs d’armes et partenaire clé dans les projets d’infrastructure à travers le continent.
Washington a répondu à ces développements en intensifiant sa coopération en matière de sécurité avec plusieurs pays africains, adoptant une approche plus directe dans la lutte contre les groupes armés. En mai 2026, le commandement américain en Afrique (AFRICOM), en coordination avec l’armée nigériane, a mené des frappes ciblant des combattants de l’État islamique dans le nord-est du Nigeria, annonçant que les opérations avaient été menées les 16, 17 et 18 mai.
Le Maroc a également accueilli la phase principale des exercices « African Lion 2026 », les plus grands exercices militaires annuels organisés par AFRICOM, avec la participation de plusieurs pays, dont le Ghana, le Sénégal et la Tunisie. Les États-Unis et le Maroc travaillent également à la création d’un centre africain multidisciplinaire pour la formation et les essais, spécialisé dans les drones, les technologies d’intelligence artificielle, les systèmes autonomes et les moyens de communication militaire avancés.
L’administration Trump continue également de mettre en œuvre une stratégie visant à renforcer sa présence en Afrique, comprenant le lancement d’un premier paquet d’investissement de 500 millions de dollars destiné au secteur des minéraux critiques, ainsi que des efforts pour rétablir la coopération en matière de sécurité avec le Mali après des années de tensions.
Des rapports indiquent que Washington est proche de conclure un accord permettant aux avions américains et aux drones de reprendre leurs opérations de renseignement au-dessus du territoire malien pour surveiller les groupes liés à Al-Qaïda, et l’administration américaine a levé les sanctions contre plusieurs hauts responsables militaires maliens dans le cadre de ses efforts pour reconstruire les relations avec Bamako, qui a maintenu au cours des dernières années un partenariat de défense étroit avec la Russie.





