Africa-Press – Burundi. C’est écœurant ce qui se passe dans l’industrie musicale burundaise depuis des années. Hélas, nous y sommes habitués : des piques, des injures, à tout va, entre les opérateurs du Buja Fleva sont monnaie courante. À la récente sortie de DJ Paulin sur la pestilence et l’intellect moyen de certaines stars de « l’indasi », Big Fizzo réplique avec des « propos racistes ». Une honte !
Plantons le décor d’abord ? Non. Laissez-moi d’abord cracher ma colère et mon dégoût : je n’arrive pas à comprendre l’industrie musicale burundaise. Elle ne vit que sur du buzz et des conflits enfantins. Au grand dam des mélomanes et de tous ceux qui veulent qu’elle brille, ô combien c’est difficile, en dehors des frontières du pays.
Mais, au lieu de s’atteler à leur musique, nos artistes passent leur temps à faire le show (le clown ?) sur les réseaux sociaux (coucou Sat-…) et à se livrer à des interviews aussi loufoques (pour ne pas dire stupides) que possibles pour satisfaire les youtubeurs.ses affamés de views. « l’indasi » coule irrémédiablement. Et pourtant…
Le talent sacrifié sur l’autel du buzzQue DJ Paulin ait taclé certaines stars…
#DramaT yahoze @bantubwoyent irongowe na @bigfizzo1 inyuma yuko aviriyeyo agaca akora hit zikaze akaba ariwe anafise views nyinshi youtube mubaririmvyi mu Burundi! Ikabadilika impamvu afitiwe ishari Ikiganiro @paulin_bizimana yagiranye na @HosyIrakoze cakije urubeya 🔥 6/n pic.twitter.com/3zHNhN8bAG
— N.O.Û.S (@African_OVNI) April 9, 2023
…et que Fizzo ait harangué publiquement des propos teintés de racisme et de xénophobie, là n’est pas réellement mon problème.
Ce commentaire raciste et discriminatoire n’était pas nécessaire! Ce pays a donné naissance à des gens de races différentes qui méritent un traitement égal chez eux. Nous avons tous été des migrants sur cette terre à un moment donné de l’histoire. #Tubinegure#Burundi#Abatwip pic.twitter.com/m3G3CELjLx
— Kāzane (@Kazikacu) April 8, 2023
Ce ne sera qu’un énième accrochage dans cette industrie qui a mis sur le banc de touche le talent et le travail bien fait au profit de la buzzocratie : comme si, au Burundi, quand tu es un chanteur, il faut avoir la bouche qui sert mieux à piailler qu’à chanter. L’art du beef s’est installé dans ce secteur qu’on a du mal à en dissocier les tenants et les aboutissants. Et l’émergence des Tv online et des youtubeurs.ses hashtag influenceurs.ses n’arrange pas les choses, poussant même les plus réservées des stars dans le piège de la buzzocratie. « Parce que tel a dit cela à propos de toi, tu dois aussi lui répondre. Voici le micro, lâche-toi. ».
Hélas, la jeune génération, plus talentueuse que leurs aînés, risque de tomber dans ce piège. Le drama Drama T a divisé tout un pays. Et, il est encore à l’origine des piques entre Big Fizzo (qui a découvert Drama T) et DJ Paulin (son nouveau mécène).
Quels dieux allons-nous prier pour que ces buzz inutiles et beefs immatures soient jetés au plus profond de la Géhenne ?
Voyez plus loin !Si aujourd’hui, on ressent encore la claque reçue en regardant le premier épisode de Squid Game ou que le scénario de Parasite titille encore notre esprit ou encore que des gamines burundaises font partie de la BTS army, ce n’est pas anodin. La Corée du Sud est un mastodonte dans l’industrie du divertissement et de l’entertainment dans le monde entier. Aujourd’hui, ce pays peut se targuer de concurrencer les USA et les pays européens dans le domaine du cinéma, de la musique, etc. La vague Hallyu (ou le soft power culturel sud-coréen) a déferlé sur le monde et rien n’est plus devenu pareil.
Aujourd’hui, le Burundi ne réalise pas son potentiel culturel. Surtout les chanteurs. Big Fizzo ne l’a pas fait (on le lui reproche encore) malgré son talent immense : dépasser les frontières régionales a toujours été son talon d’Achille. Mais cela ne veut pas dire que c’est impossible. Nous ne citons pas les noms mais plusieurs chanteurs burundais ont LE talent pour conquérir le continent et le monde entier. Hélas, ce sont les plus médiocres qui sont toujours sur les devants de la scène grâce à quoi ? À la buzzocratie et aux shows inutiles sur les réseaux sociaux.
Il faut voir plus loin. Chanteurs et opérateurs du Buja Fleva, réunissez-vous ! Si vous êtes divisés, ne venez pas pleurer devant nous que « la musique rwandaise vous prend du terrain ». Assez. Arrêtez. C’est une honte de voir les plus distinguées de nos artistes réagir comme des gamins. Sortez-nous cette bonne musique. On l’écoutera. On la vendra à l’étranger et on viendra à vos concerts. Mais de grâce, arrêtez de nous embarrasser. Vous valez mieux que ça.
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