Africa-Press – Cameroun. Plus de quatre ans après son arrestation, le cas d’Olivier Bibou Nissack, porte-parole de Maurice Kamto et figure emblématique du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), refait surface. Dans une publication percutante, la stratège en communication Mireille Fomekong lance un appel solennel au président Paul Biya pour la libération de ce militant politique dont l’incarcération soulève de nombreuses questions.
Olivier Bibou Nissack a été arrêté le 21 septembre 2020, à la veille de manifestations pacifiques au cours desquelles des centaines de personnes avaient été interpellées. Quelques mois plus tard, en décembre 2020, il est condamné à sept ans de prison lors de son passage devant le Tribunal militaire de Yaoundé.
Mais selon Mireille Fomekong, « les raisons de son incarcération n’ont jamais été clairement établies. L’infraction n’a ni été expliquée, ni démontrée ». Une accusation grave qui remet en question la légalité même de cette détention.
Dans sa publication, la stratège en communication ne mâche pas ses mots: « Tout ce qui est excessif devient dérisoire. La sanction légale elle-même doit rester mesurée, équitable et juste », écrit-elle, pointant du doigt une peine qu’elle juge disproportionnée au regard de l’absence de charges clairement établies.
« Dans le cas d’Olivier Bibou Nissack, les raisons de son incarcération n’ont jamais été clairement établies. L’infraction n’a ni été expliquée, ni démontrée », insiste Mireille Fomekong.
Au-delà de la dimension politique, la communicante rappelle la réalité humaine de cette détention. « Olivier est un époux. Il est père de famille. Voilà plusieurs années que ses proches sont injustement privés de lui. À ce jour, aucun crime avéré ne peut lui être reproché. Aucun », souligne-t-elle avec fermeté.
Cette dimension familiale ajoute une charge émotionnelle à un dossier déjà controversé. Depuis septembre 2020, la famille de Bibou Nissack vit dans l’attente, privée d’un époux et d’un père dont le crime reste, selon ses défenseurs, à démontrer.
Mireille Fomekong choisit de s’adresser directement au sommet de l’État: « J’en appelle solennellement au Chef de l’État, son Excellence Paul Biya, dont le mandat est placé sous le signe de la paix et de la réconciliation, notamment en faveur des jeunes et des femmes ».
En invoquant les valeurs de paix et de réconciliation que le président Biya a souvent mises en avant, la stratège en communication place le chef de l’État face à ses propres engagements. « Olivier est un jeune homme. Sa place est auprès des siens, pour participer à la construction de notre pays, et non derrière des barreaux », conclut-elle.
Le cas d’Olivier Bibou Nissack est devenu au fil des années un symbole de la répression des voix dissidentes au Cameroun. Son arrestation à la veille de manifestations pacifiques, son jugement par un tribunal militaire alors qu’il est civil, et l’absence de clarté sur les charges retenues contre lui alimentent les critiques des organisations de défense des droits humains.
Maurice Kamto, le président du MRC dont Bibou Nissack est le porte-parole, avait lui-même entamé une grève de la faim pour réclamer la libération des militants et sympathisants de son parti, dont son proche collaborateur.
Avec cette prise de position publique, Mireille Fomekong rejoint le rang des voix qui s’élèvent pour réclamer la libération d’Olivier Bibou Nissack. Elle pose une question fondamentale: comment peut-on justifier une détention de plusieurs années lorsque « l’infraction n’a ni été expliquée, ni démontrée »?
Alors que le Cameroun se prépare pour des échéances électorales importantes, ce dossier rappelle la nécessité d’un dialogue politique apaisé et d’une justice qui, comme le souligne la communicante, doit rester « mesurée, équitable et juste ».
À ce jour, les autorités camerounaises n’ont pas réagi publiquement à cet appel. La famille de Bibou Nissack, elle, continue d’attendre le retour d’un homme dont le seul crime apparent semble être d’avoir voulu exercer ses droits civiques et politiques.





