Dictature Électorale Sous Touadéra en Centrafrique

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Dictature Électorale Sous Touadéra en Centrafrique
Dictature Électorale Sous Touadéra en Centrafrique

Africa-Press – CentrAfricaine.
Le ministre de la Communication, Maxime Balalou, a présenté devant la presse le bilan des candidatures pour les élections de 2025, tout en restant en fonction et candidat aux législatives dans le deuxième arrondissement de Bangui. Ministre et candidat à la fois, il parle au nom du gouvernement, dirige la communication électorale et s’arroge le droit d’expliquer un processus qu’il contrôle. Cette confusion totale entre pouvoir exécutif et arbitre électoral traduit une dérive autoritaire assumée, dissimulée sous le vernis d’un discours officiel.

D’après les chiffres annoncés par le porte-parole du gouvernement qui est également porte-parole de l’autorité nationale des élections et candidat aux législatives, du 2 au 11 octobre 2025, l’Autorité nationale des élections (ANE) a enregistré dix candidatures à la présidentielle, aucune féminine. En 2020, il y en avait 22, dont une femme. Pour les législatives, 717 dossiers ont été déposés, dont 635 hommes (88,54 %) et 82 femmes (11,45 %), un recul net par rapport aux 1572 candidatures enregistrées lors du précédent scrutin. Balalou parle d’un succès logistique, mais ces chiffres montrent surtout une exclusion croissante des femmes et une monopolisation du pouvoir par les mêmes figures politiques issues du même clan.

L’ex-détenu et voleur des poteaux électriques, Maxime Balalou a également évoqué 23 candidatures régionales dans la région de Basoubangui et 58 listes municipales composées de 232 hommes et 211 femmes. Il a salué un « progrès démocratique », vantant la « première historique » d’élections groupées – présidentielle, législatives, régionales et municipales – organisées simultanément. Mais dans les faits, le régime impose un processus verrouillé, contrôlé du sommet à la base, où l’ANE, censée être indépendante, agit sous la tutelle directe du gouvernement.

Maxime Balalou a reconnu des difficultés dans les localités de Zemio et Djema, évoquant une « mission prévue » pour installer les démembrements électoraux. Une formule creuse répétée sans solution réelle. Derrière les mots de transparence, le pouvoir conserve le contrôle des moyens, des annonces, des médias et des institutions. Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou utilise sa position pour orienter le débat public et influencer les électeurs, alors même qu’il est candidat.

La loi exige que tout membre du gouvernement souhaitant se présenter à une élection démissionne avant le dépôt de sa candidature. Balalou, lui, reste à son poste, assure la propagande d’État et parle au nom du gouvernement, sans gêne. Dans quel pays un ministre-candidat organise lui-même la communication électorale? Dans une République où la séparation des pouvoirs n’existe plus, où la dictature s’exerce à visage découvert, sans qu’aucune institution ne s’y oppose.

Ce que le gouvernement présente comme un « bilan » n’est en réalité qu’une démonstration de force d’un régime qui confisque la démocratie. Les élections ne sont plus un exercice citoyen, mais une opération de contrôle politique. L’ANE est réduite au rôle de figurant, les médias publics sont transformés en instruments de campagne, et les voix critiques sont marginalisées.

C’est la dictature pure et simple, celle qui refuse de dire son nom mais s’impose par la peur, la propagande et la manipulation des lois. Le pouvoir prétend organiser des élections inclusives, mais c’est lui qui choisit les candidats, rédige les bilans et commente les résultats avant même le vote. Tout se décide dans les cercles du MCU, sous la surveillance directe du gouvernement.

Derrière les chiffres et les communiqués officiels, une seule réalité s’impose: la République centrafricaine vit sous un régime autoritaire qui se déguise en démocratie électorale, et le porte-parole du gouvernement en est aujourd’hui la preuve vivante.

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