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L’examen des flux de trésorerie de l’État centrafricain à la clôture de l’exercice 2025 donne à lire une arithmétique budgétaire difficilement réconciliable avec les prévisions officielles. C’est une véritable gestion aveugle d’un pays.
Regardez, la loi de finances 2025 avait arrêté les décaissements à 62,81 milliards de francs CFA. Les chiffres définitifs de l’exercice affichent 184,78 milliards effectivement décaissés, soit un taux d’exécution de 294,17 %. En d’autres termes, l’État centrafricain a dépensé près du triple de ce qu’il avait officiellement programmé, un écart qui ne relève plus du simple ajustement technique.
Selon le ministère des finances, plusieurs mouvements financiers expliquent ce gonflement. Le remboursement des titres publics a atteint 63,68 milliards, à 170 % de l’objectif initial. Celui des emprunts extérieurs s’est établi à 16,56 milliards, soit 186 % de la prévision. Mais c’est une ligne absente du budget de départ qui pèse le plus lourd: des tirages spéciaux effectués auprès de la BGFI et de la BSIC pour un cumul de 95,68 milliards de francs CFA, apparus en cours d’exercice sans inscription budgétaire préalable. Incroyable.
Ce qui retient l’attention dans cette configuration, c’est moins le volume des chiffres que leur logique. Une dépense non budgétisée de 95,68 milliards, mobilisée en urgence auprès de deux établissements bancaires privés, traduit une gestion dictée par les échéances de remboursement plutôt que par une programmation ordonnée. La planification initiale n’avait manifestement pas intégré l’ampleur réelle des besoins de liquidités de l’État.
Le document officiel justifie ces opérations par la nécessité d’honorer les engagements financiers. Mais cette justification laisse entière une interrogation de fond: si les engagements étaient connus, pourquoi la loi de finances ne les avait-elle pas anticipés? L’écart entre 62,81 milliards prévus et 184,78 milliards décaissés n’est pas un accident comptable — c’est le reflet d’une conduite budgétaire qui s’ajuste au fil des crises de liquidités plutôt que de les prévenir.
Source: Corbeau News Centrafrique
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