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Dans le nord-est de la République centrafricaine, à près de 900 kilomètres de Bangui, la ville d’Ouanda-Djallé vit au rythme des abus répétés des soldats des Forces armées centrafricaines.
Ce qui se passe là-bas n’est plus un secret pour personne. Les habitants ont fini par mettre des mots clairs sur ce qu’ils endurent au quotidien: les militaires censés les protéger sont devenus leur première source d’inquiétude.
Parmi les faits récents qui ont mis le feu aux poudres, un soldat du nom de Florent, ivre, s’est rendu au domicile du sous-préfet, arme à la main, pour le menacer. Cette scène, à elle seule, dit beaucoup sur le niveau de dérèglement auquel on en est arrivé.
Dans la même semaine, un autre militaire, du nom d’Abakar, visiblement sous l’effet du tramadol, a bloqué un groupe de jeunes dans un coin du marché, prétextant la disparition de son téléphone. Ne pouvant désigner aucun coupable, il a simplement contraint chacun d’eux à lui remettre dix mille francs CFA.
Ces comportements ne tombent pas du ciel. Beaucoup de Centrafricains pointent du doigt les conditions dans lesquelles l’armée a été reconstituée depuis 2018, avec des recrutements menés à la va-vite, sans critères sérieux, intégrant d’anciens combattants de groupes armés sans véritable tri.
La formation dispensée par les instructeurs russes du groupe Wagner n’aurait fait qu’aggraver les choses. D’après les habitants, ces soldats ont appris à manier les armes, mais personne ne leur a jamais expliqué ce que signifie servir et respecter une population civile.
Résultat, ceux qui sont déployés en province arrivent dans les villes comme des hommes sans repères, sans discipline intérieure, et sans aucune notion des règles qui encadrent le comportement militaire en temps de paix.
À Ouanda-Djallé, les soldats ont quitté leur base située à l’entrée de la ville, sous prétexte d’une menace rebelle imminente, pour s’installer en plein centre, dans l’enceinte de l’Organisation des femmes centrafricaines, juste à côté de la mairie.
Depuis lors, les tirs intempestifs, les vols au marché et les intimidations se sont multipliés dans les quartiers résidentiels. Une partie des militaires loue même des maison dans les différents quartiers, ce qui les plonge au cœur de la ville, sans aucune distance.
Face à cette situation qui dure, les chefs de quartier se sont réunis et ont adressé une demande formelle au chef du détachement militaire dans la ville: que les soldats quittent le centre-ville et retournent dans leur base, à cinq kilomètres de là, à l’entrée de la localité.
De leur côté, les jeunes de la ville ont pris leur propre décision. Ils ont fait savoir qu’à partir de maintenant, tout soldat qui viendrait au marché pour provoquer ou rançonner les gens ne repartirait plus sans réponse. Le ton a changé, et la tension entre la population et les militaires
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