Hassan À Ouanda-Djallé: Appel Au Calme Manipulé

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Hassan À Ouanda-Djallé: Appel Au Calme Manipulé
Hassan À Ouanda-Djallé: Appel Au Calme Manipulé

Africa-Press – CentrAfricaine. Ouanda-Djallé, encore sous le choc du 27 février 2026, trois morts dont des élèves criblés de balles FACA, une ville morte en signe de protestation muette, a vu débarquer un « fils du pays » qui n’y met presque jamais les pieds: Hassan Come. Ancien ministre du commerce, candidat MCU aux législatives, il profite de la délégation ministérielle (Bireau et Yapandé) pour se poser en sauveur et en intermédiaire privilégié.

Devant une foule tendue, il commence par l’ovation forcée: « Merci au président Touadéra d’avoir envoyé les ministres ici. Ovation, ovation ! » Puis il condamne mollement l’acte (« c’est grave »), présente condoléances rapides, et passe direct au refrain:

« Restez calmes. Ne vous laissez pas manipuler. Pas de grèves, pas de mouvements. Les autorités sont venues, elles vont régler ça. On va leur tirer les oreilles. Considérez-les comme vos frères. Discutez avec eux comme avant. »

Pas un mot sur le départ urgent des FACA de l’OFCA, pas d’exigence ferme de justice pour les trois vies fauchées, pas de reconnaissance des abus quotidiens dénoncés par le sultan-maire et le sous-préfet. Juste un appel à la fraternité avec ceux qui ont tiré, emballé dans un vibrant soutien au pouvoir.

La population n’est pas dupe. Hassan Come , qui se fait rare dans sa ville natale sauf quand les caméras ou les urnes appellent, a sauté sur l’occasion pour se mettre en avant: c’est lui qui aurait alerté les ministres, lui qui facilite le dialogue, lui qui apaise. Le ministre Bireau le couvre d’éloges (« un enfant du pays qui réagit bien »), Yapandé enchaîne sur l’attention présidentielle. Ça sent la mise en scène: calmer la colère avant qu’elle ne déborde, protéger l’image du MCU et de Touadéra dans une zone fidèle aux urnes, et préparer le terrain pour sa candidature législative. Pour les habitants, c’est une stratégie montée de toute pièce pour venir faire la campagne électorale, profitant de ce malheure.

Mais la rage est là, palpable. Les habitants, qui ont vu leurs enfants mourir, qui subissent absence d’État, occupation militaire et isolement total, n’avalent pas cette soupe. Khom n’est pas aimé sur place – on le voit comme un absent opportuniste, un politicien qui instrumentalise le drame pour son ascension. Son discours n’a pas calmé ; il a ulcéré. La foule était en colère avant, elle l’est encore plus après avoir entendu ce qui ressemble à un mensonge déguisé en sagesse.

À Ouanda-Djallé, on ne veut pas de fraternité forcée avec des tueurs en uniforme. On veut justice, départ des FACA du centre-ville, retour de la sécurité civile, et que les promesses ne restent pas des mots. Hassan Come a joué sa carte ; la population a vu clair dans son jeu. Les tombes fraîches ne mentent pas, elles. Pour la population, tout sauf Hassan Come.

Source: Corbeau News Centrafrique

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