Africa-Press – CentrAfricaine.
Sous une pluie diluvienne interprétée par les uns comme une bénédiction divine et pour les autres comme une malédiction, un signe annonciateur de calamités, les autorités etablies de Bangui ont organisé le lundi 30 mars 2026 au stade vingt mille places les cérémonies d’investiture du Président de la République marquant par ricochet l’estampille ou l’avènement de la septième République tant attendue.
À cette occasion, certains chefs d’Etat et de gouvernement ont répondu favorablement aux invitations pour donner un sens diplomatique voire une reconnaissance tacite à ce troisième mandat controversé tant au niveau national qu’international.
Les observateurs nationaux et internationaux de la politique centrafricaine ont ainsi relevé des absences d’une grande envergure qui donnent un sens aux supputations qui circulent dans les couloirs de la diplomatie internationale.
Il s’agit de la défection du président Rwandais qui occupe une place importante dans la politique sécuritaire de notre pays ainsi que certains chefs d’Etat de la zone de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC).
L’opinion nationale ne cesse d’ergoter sur le message diplomatique adressé à la monarchie de Bangui sur l’absence de l’ogre Rwandais à la cérémonie d’investiture connaissant son poids politique dans la hiérarchie décisionnaire du pouvoir de Bangui.
Animé par la recherche de légitimité et pour drainer le maximum de participants à cette mascarade d’investiture synonyme de l’adhésion massive du peuple à ce projet funeste, la journée du lundi a été déclarée fériée, chômée et non payée par le ministre du travail, de l’emploi, de la protection sociale et de la formation professionnelle.
Il apparaît important de rappeler que le serment qui dépasse le cadre d’un simple rituel symbolique est un engagement solennel à respecter la constitution, l’état de droit, les droits fondamentaux ainsi que les libertés publiques.
Invoquer une volonté populaire pour le contourner par le passé est constitutif de crime de haute trahison répréhensible par la loi pénale.
À titre de rappel et conformément aux prescriptions constitutionnelles, le président de la République lors de la prestation de serment doit prononcer les phrases suivantes devant le Conseil constitutionnel: “Moi…je jure devant Dieu et devant la nation toute entière d’observer scrupuleusement la constitution…”.
Cette phrase aussi banale revêtue d’un caractère sacré est un engagement solennel, moral et politique qui marque le début d’un mandat présidentiel et symbolise la prise de la haute responsabilité de l’État.
Logiquement, cette lourde responsabilité representée par le corpus du serment oblige le Président de la République à observer et à faire observer scrupuleusement les dispositions de la constitution et les lois de la République, à veiller à l’indépendance du pouvoir judiciaire, à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire attribut de notre souveraineté, à consolider les acquis démocratiques et enfin à protéger les droits fondamentaux ainsi que les libertés publiques.
Par ailleurs, la prestation de serment du Président de la République qui apparaît comme un simple formalisme protocolaire et administratif a une signification légendaire, profond et stimule la curiosité du citoyen lambda qui s’interroge en ces termes:
1- Pourquoi mobiliser des enormes énergies pour la prestation solennel d’un serment si l’on peut le violer, le contourner ou le trahir plus tard sous prétexte d’une volonté ou d’un aval populaire?
2- En d’autres termes, quelle est la portée ou la valeur juridique d’une prestation de serment si ce dernier peut être violé au gré des humeurs du monarque?
3- Comment comprendre que le serment soit violé par celui là même qui avait juré devant le peuple de le faire respecter?
4- Pourquoi la phrase prononcée par le Président de la République qui donne essence à la prestation de serment n’est-elle pas assortie de sanctions en cas de violation ou de trahison?
5- Parallèlement à cette cérémonie d’investiture, pourquoi des interdictions de sortie du territoire sont adressées à certaines personnalités politiques en violation des principes fondamentaux qui garantissent les libertés publiques?
6- Connaissant son impact négatif sur l’économie nationale, pourquoi la journée réservée pour la cérémonie d’investiture est déclarée fériée, chômée et non payée?
7- Enfin connaissant le personnage du Président de la République et les réalités socio-politiques du pays, le discours d’investiture qui est en total déphasage au vécu du centrafricain était-il exclusivement réservé à la communauté internationale?
En tout état de cause, ce pays qui n’avait plus besoin d’une prestation de serment car inutile s’affronte désormais à des défis et enjeux majeurs tels que la légitimation du coup d’état constitutionnel, la réconciliation nationale, la relance économique et la reconquête du pouvoir sécuritaire.
Au delà de ce serment réduit à un formalisme protocolaire, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal est une voie infructueuse voire sans issue qui ne résout pas la crise mais au contraire n’est qu’une aggravation des causes du problème.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré, terrorisé où les femmes sont impunément et copieusement insultées mais qui ne reagissent pas…
Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que les dérapages, la corruption, le népotisme, la gabegie, le bradage des ressources naturelles, la sous-traitance de notre indépendance et le mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.
Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie exacerbée dans la poubelle non recyclable de l’histoire.
Au delà de votre insatiable soif de pouvoir, le sage du village disait que ce dernier n’était pas un patrimoine familial et/ou dynastique où on pouvait négocier par des manœuvres dilatoires des mandats à vie.
Il faut savoir que nul n’est indispensable à ce pays qui regorge des compétences avec des visions multiples et variées à travers le monde et qui peuvent mieux servir ce pays que vous.
Alors n’attendez pas que la huée populaire, la clameur de la rue et la vocifération pour manifester l’hostilité ou la réprobation vous poursuivent pour comprendre que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est arrivé.
Attention Monsieur le tyran, nous ne cessons de vous rappeler puisque la répétition est pédagogique que nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’étonnent du résultat produit alors qu’ils étaient conscients du danger.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Source: Corbeau News Centrafrique
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