Héritier Doneng Défend Touadéra Après Coup D’État

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Héritier Doneng Défend Touadéra Après Coup D'État
Héritier Doneng Défend Touadéra Après Coup D'État

Africa-Press – CentrAfricaine.
Le chef de la milice Requin, nommé ministre de la Jeunesse en récompense de ses nombreux crimes, vient de publier un texte délirant. Sous le label fantaisiste de “Front Républicain”, il accuse les anciens premiers ministre Anicet-Georges Dologuelé et Henri-Mari Dondra de préparer des attentats et félicite Touadéra pour sa victoire fabriquée de toutes pièces.

Ce n’est pas la première fois que ce personnage sort de l’ombre pour servir les intérêts du pouvoir. Depuis 2020, cet homme a créé et dirigé la milice Requin, une organisation paramilitaire chargée de réprimer violemment toute contestation contre le régime de Faustin Archange Touadéra. Ses hommes se sont rendus coupables de multiples exactions dans le pays: passages à tabac, enlèvements, tortures et assassinats ciblés contre les opposants politiques et les militants de la société civile. Au lieu de répondre de ses actes devant la justice, il a reçu un maroquin ministériel en guise de remerciement.

Son dernier fait d’arme consiste en un communiqué publié le 15 janvier 2026, signé par un certain Héritier Doneng au nom du prétendu “Front Républicain”. Dès les premières lignes, le ton est donné: ce groupuscule salue la “réussite à plein succès” du scrutin du 28 décembre 2025, une élection que tout le monde sait truquée. Les résultats officiels attribuent 105% des voix à Touadéra, un chiffre qui défie toute logique mathématique et toute crédibilité démocratique. Pourtant, le texte n’hésite pas à parler de “majorité écrasante” et de “plébiscite” pour qualifier cette parodie électorale.

Mais le document ne s’arrête pas à ces flagorneries ridicules. Il s’en prend directement aux candidats adversaires au dictateur Faustin-Archange Touadera, les accusant des pires crimes. Anicet Georges Dologuélé, qui selon les procès-verbaux compilés par la rédaction du CNC a obtenu 49% des voix, est traité de terroriste. Crépin Mboli-Goumba, dirigeant du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution, reçoit les mêmes accusations infamantes malgré qu’il n’a pas participé à cette parodie électorale de l’histoire de notre pays. Le communiqué leur impute la responsabilité d’attaques armées, de viols, de vols, d’enlèvements et de tortures dans différentes régions du pays.

L’ancien premier ministre Henri-Mari Dondra n’échappe pas non plus aux attaques du chef Requin. Le texte affirme qu’il aurait voulu recruter des “terroristes” en République démocratique du Congo pour lancer une offensive sur Bangui et mettre la capitale “en sac”. Ces accusations arrivent quelques jours après que Dondra ait renoncé à son recours devant le Conseil constitutionnel, cette institution placée sous la coupe du cousin germain de Touadéra. Les résultats officiels lui accordent 3% des suffrages, alors que les données brutes des bureaux de vote lui donnaient plus de 34%.

Ce revirement de Dondra est d’ailleurs présenté par le “Front Républicain” comme une “prise de position sage”. Le communiqué le félicite pour avoir abandonné sa contestation, tout en le mettant en garde contre “toute duperie et imposture”. Cette formulation ambiguë ressemble davantage à une menace à peine voilée qu’à un compliment sincère. Elle laisse entendre que ceux qui persistent à contester les résultats s’exposent à des représailles.

Le texte se termine par un appel au peuple centrafricain à rester “mobilisé et vigilant” face aux “manœuvres dilatoires” qui pourraient replonger le pays dans le “chaos sécuritaire”. Cette rhétomique bien rodée vise à inverser les rôles: ceux qui dénoncent la fraude massive deviennent les fauteurs de troubles, tandis que les auteurs du hold-up électoral se parent des habits de gardiens de la stabilité.

L’ironie de la situation atteint son paroxysme quand on sait que l’auteur réel de ce communiqué n’est autre que le chef de la milice Requin lui-même. Cet homme dont les mains sont tachées du sang des centaines de Centrafricains se permet aujourd’hui de donner des leçons de civisme et de démocratie. Sa conversion subite en défenseur de la paix et de la justice ferait sourire si elle n’était pas aussi tragique pour les victimes de ses exactions passées.

Le régime de Touadéra a manifestement décidé d’employer tous les moyens pour faire taire la contestation. Après avoir bourré les urnes, fabriqué des procès-verbaux et déployé des mercenaires russes dans les bureaux de vote, il mobilise désormais ses milices pour intimider ceux qui osent encore réclamer la vérité des urnes. Le “Front Républicain” n’est qu’une coquille vide, un nom ronflant collé sur une bande de criminels au service d’un pouvoir illégitime.

Cette stratégie de communication montre également le mépris total du régime pour l’intelligence des Centrafricains. Personne n’est dupe de cette manipulation grossière. Tout le monde sait qui se cache derrière ce prétendu mouvement citoyen. Mais le pouvoir en place semble persuadé qu’il peut dire n’importe quoi et que les gens finiront par accepter sa version des faits à force de répétition et d’intimidation.

Les organisations internationales qui ont cautionné ce simulacre d’élection portent aussi leur part de responsabilité. En validant un processus électoral manifestement vicié, elles ont donné un blanc-seing à Touadéra pour continuer à opprimer son peuple. Elles ont permis qu’un criminel notoire devienne ministre et se serve de sa position pour menacer l’opposition légitime du pays.

 

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