Bangui: Situation Critique à L’Hôpital Pédiatrique

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Bangui: Situation Critique à L'Hôpital Pédiatrique
Bangui: Situation Critique à L'Hôpital Pédiatrique

Africa-Press – CentrAfricaine.
Plusieurs mois après notre dernière visite dans cet établissement hospitalier, l’hôpital pédiatrique de Bangui n’a enregistré aucune amélioration. Pourtant, la situation devient de plus en plus pire: l’équipe du CNC a constaté une aggravation notable des conditions d’accueil des malades et de leur prise en charge.

Sur place, rien n’a évolué depuis notre dernière visite l’année dernière, bien au contraire. La dégradation du service s’accentue même progressivement, laissant les familles les plus vulnérables dans un dénuement total. Nos observations recueillies la semaine dernière démontrent l’absence de tout dispositif d’urgence pour venir en aide aux patients issus d’une famille très pauvre.

C’est dans ce contexte que nous avons rencontré dans cet hôpital une femme peule venue de Djabarona, localité située à quarante-cinq kilomètres de la capitale sur l’axe menant à Boali. Elle a débarqué en urgence au service pédiatrique avec son enfant malade sans disposer d’aucune ressource financière. L’enfant souffre d’une infection pulmonaire qui nécessite des soins immédiats et des analyses en laboratoire.

Les médecins ont prescrit un examen d’urine à réaliser immédiatement à l’Institut Pasteur. Mais la mère du patient ne possède même pas un francs pour payer un examen, encore moins à acheter de l’eau ou de la nourriture pour elle et son enfant. Son mari, également un Peul, est resté à Djabarona pour s’occuper d’autres enfants, la laissant seule gérer cette urgence médicale à la pédiatrie à Bangui sans aucun appui ni solution.

Imaginez-vous, avoir de quoi à mettre sur ses dents le matin, c’est aussi pénible pour cette famille. C’est dans ce contexte que l’un des journaliste de notre équipe sur place a constaté les fait, et lui a remis la semaine dernière un billet de cinq cents francs pour permettre au petit malade de prendre un petit déjeuner. Cette aide spontanée n’a pas apaisé la détresse de la mère, elle ne résout en rien le problème de fond qui pourri le système.

Les responsables du service pédiatrique interrogés par la rédaction du CNC sur des tels cas, ont confirmé qu’aucune ligne budgétaire n’existe pour prendre en charge ce type de situations.

Il n’y a ni stock de médicaments d’urgence, ni fonds dédiés aux cas de dénuement complet, ni procédure prévue pour aider les personnes totalement démunies qui franchissent les portes de l’hôpital. Les annonces radiophoniques officielles évoquent régulièrement des progrès dans le secteur sanitaire, tandis que la réalité constatée sur le terrain raconte une histoire radicalement différente.

Ce ne sont ni les soignants ni les familles qui peuvent inverser cette dynamique par leurs seuls efforts. La responsabilité incombe aux autorités publiques, qui doivent mettre en place des mécanismes adaptés pour gérer ces urgences humaines. Chaque citoyen peut tomber malade à tout moment, et des solutions minimales doivent exister pour éviter les drames évitables que nous constatons aujourd’hui.

À défaut de ressources, les patients se retrouvent réduits à recevoir des soins palliatifs de base en attendant une issue fatale. Impossible de manger correctement, impossible de se soigner décemment dans ces conditions. La femme peule a finalement décidé seule de ramener son enfant à Djabarona, faute de moyens pour poursuivre les soins nécessaires à sa survie.

Cette décision équivaut probablement à une condamnation pour le petit malade.

L’État peut bien signer un accord avec l’Institut Pasteur pour gérer des tels cas d’urgence, surtout pour les familles totalement démunis, mais rien. On pilote à vue le pays comme un gère un kiosque au quartier Boy-Rabe. Vraiment, Baba Kongoboro, tu n’a pas une stratégie pour aider les pauvres centrafricains.

Source: Corbeau News Centrafrique

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