Africa-Press – CentrAfricaine. C’est son ministre-conseiller, le féman ccamerounais, Jules Njawé qui a ouvert le feu le premier, en tirant ouvertement « au boulet rouge » sur la France lors d’une conférence de presse le 20 mars à l’hôtel Ledger. Il a accusé Paris de mener des campagnes de désinformation visant à semer la méfiance dans l’axe Moscou-Bangui et a lancé un ultimatum clair à l’ambassade de France: démentir formellement ces accusations ou assumer une ingérence dans les affaires intérieures de la RCA.
À ce jour, Paris n’a toujours pas réagi. Ce silence prolongé commence à angoisser la présidence centrafricaine, qui s’interroge sur les intentions réelles de l’Élysée et redoute une nouvelle manœuvre en coulisses.
Dans la foulée, un autre ministre conseiller de la présidence, qui a souhaité s’exprimer sous couvert d’anonymat auprès de la rédaction du CNC, a vivement déploré le comportement d’Emmanuel Macron:
« Macron disait que Touadéra est un otage de Wagner. Mais il n’est pas mal traité par ses ravisseurs qui ont par contre sécurisé son pouvoir avec une nouvelle constitution et un premier mandat d’une série de X mandat. Cet otage des Wagner, tout comme son entourage, ne lui ont pas crié au secours ! Hier c’était les feuilles de route de Paris et aujourd’hui, relance de coopération. Qui lui a demandé? Qu’il cherche ailleurs. »
Un cadre du parti au pouvoir, contacté par la rédaction, ne cache plus son agacement face à ce qu’il qualifie de « va-et-vient français incessants ». Il affirme:
« La page de cet “otage de Wagner” est tournée depuis longtemps. La nouvelle constitution, la consolidation du pouvoir avec un troisième mandat de 7 ans renouvelable indéfiniment et la sécurité apportée par les partenaires russes parlent d’eux-mêmes. Pour l’heure, c’est le travail et rien que le travail qui avance. »
Enfin, un allié proche du pouvoir a fustigé la volonté soudaine de Macron de revenir en Centrafrique, la comparant à sa récente tentative au Tchad:
« Emmanuel Macron avait voulu reconquérir la Centrafrique à travers son compatriote Anicet-Georges Dologuélé qui criait haut et fort qu’il était fait avoir deux fois et prévenait que cela n’arriverait plus. Le voilà aujourd’hui sans voix et cloué au sol comme un oiseau tombé de son nid. Cela ne passera pas. »
Ces déclarations concordantes traduisent un message clair et unanime au sein de l’entourage présidentiel et des alliés du pouvoir: la Centrafrique a choisi son camp. Après la rencontre en grande pompe entre Touadéra et Vladimir Poutine début mars à Moscou, Bangui reste fermement alignée sur Moscou et refuse toute tentative française de reconquête.
Le silence actuel de Paris, plusieurs jours après l’ultimatum de Jules Njawé, ne fait que renforcer la détermination de Bangui. La page française semble bel et bien tournée. Pour le pouvoir centrafricain, l’heure n’est plus aux feuilles de route venues de Paris, mais au travail et à la consolidation des partenariats qui ont permis de sécuriser et de stabiliser le pays.
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