Football : jusqu’à quel point le jeu de tête nuit-il au cerveau ?

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Football : jusqu'à quel point le jeu de tête nuit-il au cerveau ?
Football : jusqu'à quel point le jeu de tête nuit-il au cerveau ?

Africa-Press – Congo Brazzaville. Depuis quelques années, avec l’identification de l’ETC (Encéphalopathie Traumatique Chronique) et des traumatismes neurodégénératifs subis par le cerveau dans certains sports de contact violents comme le rugby ou le hockey, les médecins ont commencé à s’intéresser à d’autres pratiques comme le football. Et notamment le jeu de tête, avec cette interrogation : à quel point ce geste technique a-t-il des incidences sur le cerveau des joueurs le pratiquant ?

Une centaine de joueurs suivis

Pour la première fois, des chercheurs et médecins américains de la RSNA (Société de Radiologie d’Amérique du Nord) ont mené des études sur le long terme. Deux ans durant, ils ont suivi une centaine de jeunes joueurs amateurs d’une trentaine d’années en moyenne, examinant les changements structuraux auxquels étaient confrontés leurs cerveaux et les impacts cognitifs qui en découlaient.

Dans un premier temps, les sujets de l’étude ont répondu à un questionnaire afin d’évaluer la fréquence avec laquelle ils utilisaient leur tête pour frapper le ballon. Ce qui a permis de classer les joueurs en trois catégories : pratique faible, modérée et élevée.

Par la suite et de façon régulière, chaque joueur était soumis à une IRM de diffusion, basée sur l’imagerie par résonance magnétique (IRM), une technique permettant de mesurer la distribution et le mouvement au niveau microscopique des molécules d’eau dans leur cerveau et ainsi d’évaluer les modifications dans la microstructure de l’organe.

IRM de diffusion. Crédits : RSNA/Michael L. Lipton, M.D., Ph.D.

Un déclin des facultés cognitives

Les deux ans d’étude leur ont montré que le cerveau des joueurs pratiquant massivement le jeu de tête, en cumulant plus de 1500 têtes sur la période, avait subi des changements similaires à ceux que l’on pouvait observer dans les traumatismes cérébraux modérés. De plus, pour ces pratiquants soumis à des tests de mémorisations et d’apprentissages verbaux, les médecins ont observé un déclin de leurs facultés cognitives.

Les chercheurs suspectent que cette baisse des performances pouvait être la conséquence d’une porosité accrue entre la matière grise et la matière blanche du cerveau. Normalement, il existe une frontière très nette entre la première, qui contient les corps cellulaires des neurones, et la seconde qui renferme les fibres nerveuses (les axones), des neurones. Des chocs répétés au cerveau pourraient entamer l’intégrité de cette frontière et nuire ainsi à la transmission de l’information neuronale.

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