Olam Agri redouble d’ambition dans le coton et l’hévéa

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Olam Agri redouble d’ambition dans le coton et l’hévéa
Olam Agri redouble d’ambition dans le coton et l’hévéa

Africa-Press – Côte d’Ivoire. L’intérêt d’Olam, géant du négoce de matières premières agricoles, pour la Côte d’Ivoire ne se dément pas. Olam Agri, sa filiale dédiée aux activités agro-industrielles, a indiqué vouloir investir 100 milliards de francs CFA (environ 150 millions d’euros) sur les trois prochaines années, pour augmenter ses capacités locales de transformation du coton et de l’hévéa.

L’annonce est intervenue en marge d’une rencontre organisée à la fin de septembre à Abidjan, entre le Premier ministre ivoirien Patrick Achi et Neelamani Muthukumar, ancien directeur financier d’Olam, devenu patron d’Olam Agri depuis le début de 2022 après la réorganisation globale des activités du groupe singapourien. Un entretien auquel a aussi participé Partheeban Theodore, cadre historique du géant du négoce, et représentant d’Olam en Côte d’Ivoire depuis 2000.

Si le détail de l’investissement n’a pas été dévoilé, on sait qu’il doit permettre de consolider la position d’Olam dans le pays. Présent en Côte d’Ivoire depuis 1994, le groupe singapourien emploie, à travers ses différentes filiales, quelque 5 000 personnes et dispose de 12 usines travaillant avec un réseau de plus de 300 000 producteurs.

Percée ivoirienne

Sur le créneau de l’or blanc, il a démarré ses activités en 2008, en reprenant la Compagnie cotonnière de Côte d’Ivoire (LCCI), au détriment d’Advens dirigé par Abbas Jaber et de Ivoire Coton, filiale de l’Aga Khan (via Filtisac et Industrial Promotion Services, IPS). Devenue la Société d’exploitation cotonnière Olam (Seco), dirigée depuis avril 2021 par Jean-François Touré, l’entreprise a fortement augmenté sa production, passée de 67 000 tonnes lors de la campagne 2019-2020, à plus de 100 000 tonnes en 2021-2022. Une percée ivoirienne qui illustre les ambitions d’Olam dans toute l’Afrique de l’Ouest.

Disposant de deux usines d’égrenage à Ouangolodougou et Ferkessédougou dans le nord du pays, Seco est le quatrième producteur ivoirien, en bonne voie pour rivaliser avec les acteurs dominants du secteur : Ivoire Coton (180 000 tonnes en 2020-2021, 200 000 annoncées pour 2021-2022) et deux autres entités détenues par l’industriel ivoirien Koné Daouda Soukpafolo, la Compagnie ivoirienne de coton (COIC, 169 000 tonnes en 2020-2021, 175 000 pour 2021-2022) et la Compagnie ivoirienne pour le développement des textiles, privatisée en 2017 (CIDT, 118 000 tonnes en 2020-2021, 130 000 pour 2021-2022), selon les données de l’Association professionnelle des sociétés cotonnières de Côte d’Ivoire (Aprocot-CI).

Les résultats sont tout aussi encourageants pour l’hévéa. Olam Agri est entré dans le secteur en 2016, en reprenant la Société agro-industrielle de la Comoé (SAIC), créée en 2009 mais mise à l’arrêt. Rebaptisée Olam Agri Hévéa, elle a été relancée par le groupe singapourien. En mars, Mohideen Basha, responsable de la filière caoutchouc en Côte d’Ivoire au sein d’Olam Agri, a annoncé le doublement de sa capacité de production d’ici à juillet 2023, afin de passer de 44 000 à 88 000 tonnes de caoutchouc par an.

Cacao et anacarde

Cet objectif place Olam Agri Hévéa dans le top 3 des producteurs ivoiriens. S’il demeure loin derrière le leader du secteur, la Société internationale de plantations d’hévéas (SIPH), filiale du groupe ivoirien Sifca, qui dispose de six usines et produit plus de 200 000 tonnes de caoutchouc par an, le groupe singapourien talonne le numéro deux, la Société des caoutchoucs de Grand-Béréby (SOGB), filiale du groupe Socfin (détenu à 54 % par l’homme d’affaires belge Hubert Fabri et à 39 % par le groupe français Bolloré), qui a produit quelque 67 000 tonnes de caoutchouc en 2021. La production étant encore très majoritairement réalisée par des plantations villageoises, les acteurs agro-industriels, Sifca, SOGB et maintenant Olam Agri, disposent d’un fort potentiel de développement.

L’investissement d’Olam Agri s’inscrit dans le cadre de l’essor de l’ensemble de ses activités en Côte d’Ivoire, notamment via son autre filiale Olam Food Ingredients (OFI), active dans le secteur clé du cacao, mais aussi dans celui de l’anacarde. Le groupe demeure par ailleurs présent dans la logistique.

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