Africa-Press – Côte d’Ivoire. L’Afrique vient de poser l’un des jalons les plus structurants de sa souveraineté énergétique. Ce lundi 2 février, la réception du siège provisoire de la Banque africaine de l’énergie (BAE), offert par le Nigeria à Abuja, marque une avancée majeure dans l’opérationnalisation de cet instrument financier stratégique porté par l’Organisation des pays producteurs de pétrole africains (APPO), en partenariat avec Afreximbank.
À la manœuvre, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, président en exercice de l’APPO, qui avait fait de la mise en œuvre effective de cette banque l’un des engagements phares de son mandat, depuis son élection en novembre dernier à Brazzaville.
Longtemps évoquée, la Banque africaine de l’énergie entre désormais dans une phase décisive de son existence institutionnelle. Son siège, installé à Abuja, devient le cœur opérationnel d’un projet conçu pour répondre aux priorités énergétiques du continent et renforcer son autonomie financière face aux enjeux mondiaux.
Lors de la cérémonie de coupure du ruban, Mamadou Sangafowa Coulibaly a exprimé ses vifs remerciements aux autorités nigérianes, dont l’implication a été déterminante dans l’obtention de ce cadre de travail, aménagé au sein du tout nouveau bureau régional d’Afreximbank. Le Nigeria honore ainsi l’engagement pris lors de sa désignation pour abriter la Banque africaine de l’énergie.
Le siège réceptionné demeure toutefois provisoire, dans l’attente de la construction d’un édifice définitif sur un terrain qui sera mis à disposition par les autorités d’Abuja.
Sur le plan du capital, la Banque africaine de l’énergie démarre avec une enveloppe d’amorçage de 500 millions de dollars, appelée à atteindre, à terme, 5 milliards de dollars.
Les 18 pays membres de l’APPO ont déjà entamé le versement d’une première quote-part de 20 millions de dollars chacun. La Côte d’Ivoire s’est acquittée de sa contribution dès la fin de l’année dernière, illustrant son engagement ferme en faveur de ce projet continental. Cette mobilisation financière confère à la banque une crédibilité immédiate et jette les bases de sa capacité future à financer des projets énergétiques structurants à travers l’Afrique.
Pour le président de l’APPO, la réception du siège ne constitue qu’un point de départ. La priorité est désormais d’accélérer les dernières étapes administratives et institutionnelles.
« Tout est réuni pour un lancement de la banque d’ici le mois de juin. Nous disposons d’un siège fonctionnel et d’actionnaires engagés. Il reste à mettre en place le conseil d’administration et à recruter l’équipe dirigeante afin de démarrer les opérations », a indiqué Mamadou Sangafowa Coulibaly.
Il a exhorté l’ensemble des parties prenantes à maintenir la cadence afin de respecter ce calendrier ambitieux: « Nous devons lever les derniers défis administratifs et aller vite. Il n’y a plus d’obstacle majeur pour tenir ce délai. »
Cette dynamique bénéficie également du soutien affirmé du Nigeria. Son ministre du Pétrole, Heineken Lokpobiri, a salué l’initiative et s’est engagé à accompagner le processus, y compris par une mobilisation financière si nécessaire, afin de garantir une mise en service rapide de la banque.
Au-delà de l’institution elle-même, l’avancée de la Banque africaine de l’énergie consacre le rôle croissant de la Côte d’Ivoire dans la gouvernance énergétique du continent.
Sous la présidence en exercice de Mamadou Sangafowa Coulibaly à la tête de l’APPO, Abidjan s’affirme comme un acteur d’influence dans la structuration des réponses africaines aux défis énergétiques mondiaux. Le ministre a d’ailleurs inscrit cette action dans la vision portée par le président Alassane Ouattara: « Cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision du président de la République, qui comprend les enjeux énergétiques pour l’ensemble du continent et soutient cette initiative destinée à bâtir une Afrique forte et souveraine. »
Avec l’installation de son siège à Abuja, la Banque africaine de l’énergie cesse d’être un projet conceptuel pour devenir une institution tangible de l’architecture financière africaine.
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