Olivier de Souza
Africa-Press – Côte d’Ivoire. Les publicités sur les réseaux sociaux, au-delà de leur vocation commerciale, peuvent combattre des maladies comme le paludisme. En Inde, une campagne sur Facebook a démontré qu’une stratégie numérique bien orientée pouvait changer des comportements et réduire l’incidence de cette maladie.
En Inde, la campagne Facebook Ads « Bite Ko Mat Lo Lite » qui signifie « Ne prenez pas la morsure à la légère » illustre comment une stratégie numérique bien menée peut contribuer à la lutte contre le paludisme. Elle donne également des pistes de solution pour la lutte contre le paludisme en Afrique, qui est la région la plus touchée par cette maladie.
Menée entre 2020 et 2021 par l’ONG Malaria No More India en partenariat avec The Times Group of India, Facebook, Star India, WPP, Sony Pictures Networks India et l’homme d’affaires Ronnie Screwvala, l’initiative a touché 150 millions d’utilisateurs dans 22 États. Avec un budget de 202 000 dollars, elle a sensibilisé la population à des gestes simples comme dormir sous des moustiquaires et consulter un médecin dès les premiers symptômes de fièvre.
Au terme de la période indiquée, elle a permis une augmentation de 11 % de l’utilisation des moustiquaires dans les zones urbaines et une baisse de 44 % des cas de paludisme auto-déclarés dans les ménages disposant d’habitations solides. Validée par des enquêtes et des données administratives, ainsi que la Banque mondiale en novembre 2024, cette campagne prouve l’efficacité des solutions numériques, même si elle a eu des limites dans les zones rurales.
Une telle approche inspire des réflexions cruciales pour l’Afrique qui supporte le fardeau le plus lourd du paludisme. En 2022, l’OMS a estimé que sur les 249 millions de cas et les 608 000 décès dus à cette maladie dans le monde, 94 % des cas (233 millions) et 95 % des décès (580 000) avaient été enregistrés en Afrique. Ces chiffres alarmants soulignent l’urgence d’adopter des stratégies innovantes pour réduire cette charge.
Face au paludisme, s’inspirer de l’expérience indienne implique d’adapter les messages aux réalités locales, en les diffusant dans des langues des communautés cibles, et d’associer les campagnes à des actions concrètes comme la distribution massive de moustiquaires. Le partenariat avec des leaders communautaires, l’utilisation des réseaux sociaux et des plateformes locales peuvent amplifier l’impact et garantir une meilleure acceptation des initiatives.
L’exemple indien démontre surtout que les solutions numériques, lorsqu’elles sont combinées à des actions concrètes, peuvent transformer les efforts de lutte contre les pandémies.
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