Champi, Mémoire Vivante du Football Djiboutien

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Champi, Mémoire Vivante du Football Djiboutien
Champi, Mémoire Vivante du Football Djiboutien

Africa-Press – Djibouti. Ils ont fait vibrer les stades poussiéreux, porté les couleurs des clubs et de la sélection nationale avec fierté, et écrit, souvent sans le savoir, les premières pages de l’histoire du football djiboutien. Aujourd’hui, loin des projecteurs et des clameurs, ces anciens joueurs vivent dans une discrétion presque totale. Pourtant, leur héritage demeure immense. À l’heure où le football national cherche à retrouver son lustre d’antan, leurs parcours, leur expérience et leur sagesse constituent une richesse trop souvent négligée.

À travers une série de portraits, La Nation rend hommage à ces bâtisseurs de l’ombre. Parmi eux, un nom résonne avec une force particulière dans la mémoire collective: Abdisalam Nasser Mohamed, plus connu sous le surnom de « Champi ».

Champi n’était pas un simple joueur. Il était un artiste du rectangle vert, un esthète dont le talent dépassait le cadre strict du jeu. Son football relevait d’une alchimie rare entre grâce, intelligence et efficacité. Ses feintes, d’une précision déconcertante, laissaient les défenseurs désemparés, souvent réduits à l’impuissance face à son agilité et à son sens du dribble.

Sa personnalité, forte et magnétique, transcendait les foules. Sa seule présence sur la pelouse suffisait à électriser les tribunes. Chaque rencontre devenait un événement, chaque ballon touché une promesse de spectacle.

Précoce, Champi intègre la première division dès l’âge de seize ans avec l’équipe du BIC. À dix-sept ans seulement, il endosse déjà le maillot de l’équipe nationale A, incarnant une génération dorée du football djiboutien. Il poursuivra l’essentiel de sa carrière au sein de l’équipe du Port, participant à des confrontations restées légendaires, notamment face à Marill, à une époque, les années 1980 et 1990, où le pays regorgeait de talents confirmés.

Le “Maradona” djiboutien

Pour de nombreux supporters, la comparaison s’imposait d’elle-même. Champi rappelait Diego Maradona: même gabarit, même chevelure indisciplinée, même manière de coller le ballon au pied. Ses dribbles, ses changements de rythme, ses feintes semblaient directement inspirés du génie argentin. Jusqu’aux détails: il portait les mêmes chaussures Puma que son idole.

Plus qu’une imitation, Champi incarnait une grâce naturelle, un football instinctif et libre qui a marqué durablement l’imaginaire des amateurs de ballon rond à Djibouti.

Dans les années 1990, alors que le pays traversait une période difficile, Champi prend le chemin de l’exil vers le Canada. Comme beaucoup de sa génération, il s’éloigne de sa terre natale avec regret, emportant avec lui ses souvenirs de stades et de ferveur populaire.

Aujourd’hui, il est de retour au bercail. Un retour chargé d’émotion. Face aux transformations profondes qu’a connues Djibouti, l’ancien international se dit surpris, presque bouleversé. Le pays qu’il a quitté meurtri s’est relevé, modernisé, structuré. Il parle d’un « décollage inédit », d’une sortie progressive du sous-développement.

Témoin admiratif de ce renouveau, Champi adresse un message clair à la jeunesse: croire en son pays, entreprendre, saisir les opportunités. Un regret affleure toutefois: « Si j’avais su que Djibouti connaîtrait un tel progrès, je ne serais jamais parti. »

Champi, c’est l’histoire d’une vie en deux temps. Celle d’un footballeur virtuose qui a fait rêver tout un peuple, puis celle d’un homme revenu contempler, avec fierté et émotion, le renouveau de sa nation. À l’image de son parcours, Djibouti a su se relever, avancer et regarder l’avenir avec confiance.Un héritage à préserver, une mémoire à transmettre.

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