Africa-Press – Djibouti. Certains sauropodes auraient pu atteindre le poids des baleines bleues, considérées comme le plus gros animal ayant vécu sur Terre, indiquent l’examen de fossiles partiels et une étude statistique. Des résultats qui demandent à être confirmés par plus de recherches et la découverte d’un fossile plus complet.
La baleine bleue (Balænoptera musculus) détient le record, jusqu’à présent, du plus gros animal ayant jamais existé. Avec une taille de 30 mètres de long pour un poids compris entre 100 et jusqu’à 200 tonnes, pour les femelles à la fin de la saison d’alimentation. Difficile d’imaginer plus imposant. Pourtant dans une nouvelle étude statistique, publiée dans la revue Lethaia, Gregory Paul, illustrateur et paléontologue non affilié à une université, estime que des indices suggèrent que certains sauropodes ont pu égaler voire dépasser le record des baleines bleues.
Des fossiles détruits et des résultats à confirmer
Les plus gros dinosaures connus auujourd’hui sont les sauropodes de la famille des titanosauridés avec son représentant le plus imposant : le Patagotitan mayorum. L’animal mesurait autour de 35 mètres de long pour un poids de 69 tonnes environ mais rien ne dit qu’il s’agissait là du plus gros spécimen de son espèce et on peut légitimement croire qu’il y en a eu de plus imposants. Il existe aussi de rares fossiles qui suggèrent la présence de dinosaures encore plus gros. C’est le cas d’une vertèbre partielle attribuée à Maraapunisaurus, un dinosaure vieux de 140 millions d’années qui vivait à l’ouest de l’Amérique du Nord, découverte à la fin du XIXème siècle, et d’une longueur exceptionnelle : 1,83 m. Des estimations, réalisées à partir de ce fossile, indique que l’animal pouvait peser entre 70 et 120 tonnes, selon les auteurs et les méthodes d’inférence employées. Malheureusement, la vertèbre a disparu après 1895 et son dépôt au Musée d’histoire naturelle de New York. Si bien que des doutes persistent sur la nature et l’existence même de cette archive.
Un autre os, un tibia de deux mètres de long, appartenant à un dinosaure indien découvert en 1987 et anciennement nommé Bruhathkayosaurus a été estimé appartenir à un titanosaure dont l’analyse menée par Gregory Paul suggère qu’il pouvait peser entre 120 et 200 tonnes. Las, ce fossile, lui aussi, a disparu, probablement détruit lors d’une analyse. Impossible donc de mener des mesures avec des moyens actuels et les estimations corporelles sont donc sujettes à caution. L’auteur ajoute cependant que de nouveaux restes de dinosaures aussi impressionnants que Bruhathkayosaurus sont en cours de découverte et qu’ils permettront de mieux connaître les mensurations de ces « super sauropodes ». Attendons donc de disposer d’un tel spécimen avant toute conclusion.
Le gigantisme des baleines est récent
L’étude revient également sur le gigantisme des baleines et rappelle qu’il s’agit d’un phénomène récent : ce n’est que vers la fin du Cénozoïque (l’ère qui débute à l’extinction des dinosaures et qui est toujours en cours) que les baleines bleues apparaissent. Avant cela, les plus grosses espèces marines comme le mégalodon avaient un poids bien moindre, autour de 50 tonnes pour ce dernier.
C’est seulement il y a 2,5 à 3,5 millions d’années que les baleines bleues pointent leur rostre et commencent à grandir. A l’époque, la Terre traversait des périodes glaciaires durant lesquelles les cétacés et leurs proies se réfugiaient dans des zones libres de glace où l’eau profonde (plus riche en nutriments) remontait vers la surface. Ce qui stimulait la production du plancton, du krill et des petits poissons dont se nourrissent les plus grosses baleines. C’est grâce à cette abondance, qui n’est finalement pas si fréquente, que les baleines ont pu atteindre les tailles que l’on connaît actuellement. A l’inverse, les dinosaures et en particulier les sauropodes qui se nourrissaient de végétaux ont pu disposer de ressources alimentaires abondantes et disponibles durant pratiquement toute la durée leur règne, puisque les arbres et autres fougères ont toujours couvert la surface de la Terre du Mésozoïque.
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