Guinée: Autorités Appellent à L’objectivité Électorale

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Guinée: Autorités Appellent à L’objectivité Électorale
Guinée: Autorités Appellent à L’objectivité Électorale

CE Qu’Il Faut Savoir

Les autorités guinéennes ont annoncé la victoire de Mamadi Doumbouya lors des élections présidentielles, suscitant des critiques de l’opposition. Le Premier ministre a défendu le processus électoral, appelant les critiques à être plus objectifs. Les observateurs internationaux ont noté des préoccupations concernant l’inclusivité des élections.

Africa. Les autorités guinéennes ont annoncé la victoire du général Mamadi Doumbouya à la présidence de la République dès le premier tour des élections présidentielles, après avoir obtenu 86,72 % des voix, selon les résultats préliminaires publiés par la direction générale des élections, le 30 décembre 2025, peu avant minuit.

Cette victoire s’inscrit dans un contexte électoral qui a suscité de vives controverses au sein des milieux politiques, où plusieurs opposants ont dénoncé les résultats du scrutin, notamment l’ancien Premier ministre et leader de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, qui a qualifié ces élections de « farce électorale », en raison de l’absence de plusieurs personnalités politiques majeures, soit en exil, soit en prison, ce qui les a effectivement exclues de la course présidentielle.

En réponse directe à ces critiques, le Premier ministre guinéen actuel, Amadou Oury Bah, qui a également été directeur de la campagne électorale du président Mamadi Doumbouya, a défendu le processus électoral, affirmant que les opposants aux résultats étaient « complètement déconnectés de la volonté et des aspirations du peuple ».

Bah Oury a déclaré, lors d’une interview radiophonique, que les critiques des élections « adoptent, comme par le passé, une culture politique qui consiste à nier tout et à déformer tout ce qui est réalisé », ajoutant que cette approche reflète leur déconnexion de la réalité politique et sociale du pays, ainsi que de la volonté populaire exprimée par les urnes.

Le Premier ministre guinéen a averti les critiques des résultats de ne pas persister dans cette voie, déclarant: « Il serait sage qu’ils changent d’approche et qu’ils soient plus objectifs, sinon ils ne seront finalement pas entendus par la majorité du peuple guinéen. »

Avec cette victoire, Mamadi Doumbouya renforce sa position à la tête du pouvoir après quatre ans de coup d’État militaire qui l’a porté au pouvoir. Abdoulaye Yero Baldé, leader du Front Démocratique Guinéen, a terminé deuxième avec 6,59 % des voix, selon les résultats officiels préliminaires.

Concernant la participation, le président de la direction générale des élections, Djenabou Touré, a annoncé que le taux de participation s’élevait à 80,95 %, un chiffre inférieur à celui qui avait été annoncé provisoirement à la fermeture des bureaux de vote le jour du scrutin.

En ce qui concerne la position des observateurs internationaux, les missions de l’Union Africaine et de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont déclaré que les élections s’étaient déroulées « dans une atmosphère calme et pacifique », tout en soulignant qu’il existait des « interrogations concernant l’inclusivité du processus électoral ».

Les observateurs ont félicité les autorités guinéennes pour la bonne organisation des élections, saluant dans leur déclaration préliminaire le déroulement du scrutin dans un climat paisible et organisé, tout en notant un « bon taux de participation », sans préciser de chiffre exact. Ils ont également décrit le processus de vote comme s’étant déroulé de manière organisée, malgré ce qu’ils ont qualifié de « quelques perturbations » en fin de journée, notamment après l’annonce tardive de l’extension de la période de vote d’une heure supplémentaire.

L’Union Africaine a, en conclusion de ses observations, appelé à soutenir la Guinée en « envisageant de lever les sanctions » imposées depuis le coup d’État du général Doumbouya, tout en insistant sur la nécessité de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

Cependant, l’Union Africaine et la CEDEAO ont noté, en revanche, l’absence de personnalités politiques majeures sur la scène électorale, parmi lesquelles Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et l’ancien président Alpha Condé, considérant que cette absence « soulève de sérieuses questions sur l’inclusivité des élections ».

La CEDEAO a même exprimé des inquiétudes concernant « le recul de la liberté de la presse et des libertés politiques », ce qui, selon elle, limite les conditions d’une concurrence complète et équitable. La mission de la CEDEAO a également observé que les représentants des opposants à Doumbouya n’étaient présents que dans moins de 10 % des bureaux de vote visités, contre environ 93 % pour le candidat le mieux placé.

La CEDEAO a également exprimé sa profonde tristesse pour ce qui s’est passé dans la ville de Kérouané, située dans la région de Kankan, berceau du président, où des urnes ont été transférées illégalement au siège de la direction générale des élections sous prétexte d’un manque d’éclairage dans les centres de vote.

Parmi les principales conclusions des missions d’observation, en plus de l’appel à envisager de lever les sanctions, il a été demandé aux autorités guinéennes de « lutter efficacement contre le phénomène des enlèvements et des disparitions forcées », considérées comme des facteurs qui sapent la confiance des citoyens dans le processus politique et institutionnel du pays.

La Guinée a connu des tensions politiques croissantes depuis le coup d’État militaire de 2021, qui a porté Mamadi Doumbouya au pouvoir. Les élections présidentielles récentes ont été marquées par des accusations de fraude et d’exclusion de figures politiques majeures, exacerbant les divisions au sein du pays. Les observateurs internationaux ont souligné la nécessité de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques et de garantir des élections libres et équitables à l’avenir.

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