CE Qu’Il Faut Savoir
Les forces armées éthiopiennes ont annoncé la tenue de la première réunion de la commission de défense conjointe avec le Maroc à Addis-Abeba. Cet événement marque un tournant significatif dans la coopération militaire entre les deux pays, visant à établir des bases solides pour un partenariat à long terme.
Africa. Les forces armées éthiopiennes ont annoncé la tenue de la première réunion de la commission de défense conjointe avec le Maroc à Addis-Abeba, une étape considérée comme un tournant qualitatif dans le parcours de la coopération militaire bilatérale entre les deux pays.
Contexte de la réunion
Les observateurs estiment que cette première réunion de la commission de défense marocaine-éthiopienne a introduit la coopération militaire entre les deux nations dans une phase d’exécution sans précédent. Cette réunion s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de coopération militaire signé en juin 2025 à Rabat. Elle a été consacrée à la discussion d’un projet de plan d’action visant à structurer et développer les domaines de coopération militaire, ainsi qu’à établir des bases opérationnelles pour un partenariat à long terme au service des intérêts stratégiques des deux parties.
Thèmes abordés
Les discussions ont porté sur l’élaboration d’une feuille de route claire pour la coopération en matière de défense, incluant des programmes de formation conjointe et d’échange d’expertises dans les domaines de la médecine militaire et de la recherche scientifique. Elles ont également examiné les opportunités de fabrication militaire conjointe et de transfert de technologie, ouvrant ainsi la voie à la construction de capacités autonomes et à la réduction de la dépendance vis-à-vis des partenaires traditionnels.
Observations du Forum
Dans ce contexte, le Forum du Moyen-Orient pour les sciences militaires a noté que l’un des points les plus marquants de la réunion a été l’annonce par le Maroc de l’initiation de démarches concrètes pour tirer parti des chaînes d’approvisionnement en défense éthiopiennes. Cela reflète un changement notable dans la doctrine d’armement du Maroc, qui tend désormais à diversifier ses sources d’armement et à réduire sa dépendance quasi exclusive à l’égard de l’Europe et des États-Unis.
Implications régionales
Le forum souligne que ce rapprochement dépasse le cadre bilatéral. En effet, l’Éthiopie, historiquement associée au soutien du Front Polisario, semble aujourd’hui adopter une position plus neutre, motivée par l’accroissement des intérêts économiques et militaires avec le Maroc. Pour Rabat, renforcer les relations avec Addis-Abeba, siège de l’Union africaine, constitue un atout diplomatique majeur dans le contexte de la compétition pour l’influence en Afrique.
Questions soulevées
Des questions commencent à émerger concernant ce que l’on appelle le “triangle non déclaré” entre le Maroc, l’Éthiopie et Israël, dans le cadre des relations militaires et techniques avancées qui unissent Rabat à Tel-Aviv, et de la dépendance d’Addis-Abeba à la technologie israélienne pour moderniser ses forces armées. Ce contexte ouvre la voie à des scénarios de coopération indirecte, pouvant inclure l’unification de certains systèmes ou la transformation du Maroc en un centre régional pour l’entretien des équipements israéliens opérant en Afrique, réduisant ainsi les coûts politiques et logistiques pour l’Éthiopie.
Réactions égyptiennes
Des rapports antérieurs avaient soulevé des interrogations sur la position de l’Égypte concernant les accords militaires entre le Maroc et l’Éthiopie, que certains milieux égyptiens ont qualifiés de rapprochement aux dépens des intérêts nationaux du Caire, dont les relations avec Addis-Abeba sont tendues en raison de la crise du Grand Barrage de la Renaissance.
Médiation américaine
Il convient de rappeler que le président américain Donald Trump avait adressé vendredi une lettre à son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, annonçant sa disposition à relancer la médiation américaine entre l’Égypte et l’Éthiopie pour parvenir à un accord final sur le partage des eaux du Nil et résoudre la crise du Grand Barrage de la Renaissance. Il a souligné qu'”aucun pays de cette région ne devrait contrôler unilatéralement les précieuses ressources du Nil et nuire à ses voisins dans ce processus.”
Historiquement, l’Éthiopie a été associée au soutien du Front Polisario, tandis que le Maroc a cherché à renforcer ses relations militaires en Afrique. Le rapprochement entre ces deux nations pourrait redéfinir les alliances en Afrique, surtout dans le contexte de la rivalité pour l’influence sur le continent. La coopération militaire entre le Maroc et l’Éthiopie pourrait également avoir des implications sur les relations avec d’autres pays, notamment l’Égypte, qui s’inquiète des accords militaires entre ces deux nations.





