Parlement Algérien Criminalise le Colonialisme Français

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Parlement Algérien Criminalise le Colonialisme Français
Parlement Algérien Criminalise le Colonialisme Français

Africa-Press. Le Parlement algérien a adopté une loi criminalisant le colonialisme français en Algérie, avec des réserves sur 13 articles, notamment ceux relatifs aux questions d’indemnisation et d’excuses.

Cela s’est produit lors d’une séance plénière consacrée au vote de certaines lois, dont ce texte qui avait déjà été approuvé par l’Assemblée populaire nationale – la première chambre du Parlement – le 24 décembre dernier.

Les membres du Parlement ont voté à l’unanimité en faveur de la loi, tout en formulant des réserves sur 13 de ses 27 articles.

Dans son rapport précédant la présentation du texte pour approbation, la Commission de la défense nationale a appelé à ne pas voter les articles qui prévoient de demander à la France des indemnités et des excuses pour les crimes coloniaux commis contre le peuple algérien entre le 14 juin 1830 et le 5 juillet 1962.

Des sacrifices qui ne peuvent être compensés

La commission a précisé dans son rapport que l’appel à ne pas approuver ces articles vise à les réexaminer et à réviser leurs dispositions, notamment celles concernant les excuses et l’indemnisation, car elles ne sont pas en accord avec l’orientation établie par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Elle a expliqué que cette approche repose exclusivement sur la demande de reconnaissance officielle des crimes coloniaux, contribuant ainsi à l’harmonisation entre la position politique et le cadre législatif.

Dans un discours devant les deux chambres du Parlement le 30 décembre 2024, Tebboune a affirmé que l’Algérie exige la reconnaissance officielle des crimes coloniaux. Quant à l’indemnisation, les sacrifices des martyrs ne peuvent être compensés par des milliards de dollars.

De ses déclarations, il ressort que l’Algérie ne souhaite pas attribuer une valeur matérielle aux martyrs des massacres perpétrés par le colonialisme français.

Par ailleurs, la Commission de la défense nationale a souligné que certains articles de la loi nécessitent une révision et une réorganisation tant sur le plan de la formulation que du contenu, impliquant l’introduction de certaines améliorations pour garantir la qualité de la législation, la cohérence du texte, sa pertinence et son efficacité juridique et institutionnelle.

Le ministre des Moudjahidine et des ayants droit a affirmé que cette loi « exprime la volonté populaire et reflète la conviction profonde du peuple algérien que la mémoire nationale n’accepte ni compromis ni fractionnement », conformément aux orientations supérieures que le président de la République ne cesse de confirmer dans le cadre de la protection et de la préservation de la mémoire nationale.

Pour sa part, le président du Parlement, Azzouz Nasri, a salué – dans un discours après le vote – l’initiative remarquable exprimée par les députés, consistant à proposer une loi criminalisant le colonialisme français en Algérie, qui sera un témoignage éternel des actions du colonialisme colonial français en Algérie.

L’adoption de cette loi par le Parlement algérien intervient à un moment où les relations algéro-françaises traversent l’une des pires crises de l’histoire des deux pays.

Les relations entre les deux pays sont plongées dans une impasse depuis plusieurs mois, suite à la reconnaissance par Paris de la proposition d’autonomie présentée par le Maroc il y a quelques années comme solution au conflit du Sahara.

En revanche, l’Algérie soutient le Front Polisario, qui rejette l’autonomie et appelle à accorder aux populations du Sahara le droit à l’autodétermination.

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