Africa-Press. La décision de la Chambre des lords britannique de retirer de son ordre du jour le projet de loi relatif à la restitution des îles Chagos à l’île Maurice a suscité une vague de mécontentement à Port-Louis. En effet, le vendredi soir 23 janvier 2026, la Chambre des lords est parvenue à contraindre le gouvernement britannique à suspendre l’examen du projet, alors même que celui-ci avait atteint un stade avancé du processus législatif.
Alors que le Parlement britannique devait achever les procédures d’adoption du projet de loi, le revirement soudain intervenu à la Chambre des lords samedi a bouleversé la scène politique et provoqué de vives réactions de colère à Maurice, qui considère ce dossier comme l’une de ses principales questions de souveraineté en suspens depuis des décennies.
Dans ce contexte, le procureur général de Maurice, Gavin Glover, dont la fonction équivaut à celle de ministre de la Justice, a exprimé sa grande surprise face à cette décision, la qualifiant « d’inattendue », d’autant plus que le projet approchait de son aboutissement législatif.
Glover a déclaré que le retrait du projet de loi de l’ordre du jour de la Chambre des lords ne correspond pas aux usages parlementaires en vigueur au Royaume-Uni. Il a ajouté que la Chambre des lords est censée jouer un rôle de révision et d’amélioration des textes juridiques, et non se transformer en un instrument d’obstruction d’une loi déjà adoptée à deux reprises par la Chambre des communes. Il a souligné que ce comportement soulève de sérieuses interrogations quant à l’orientation prise par le processus législatif dans cette affaire sensible.
De leur côté, les conservateurs britanniques ont justifié leur position en affirmant que le projet de loi est contraire à un traité signé en 1966 entre les États-Unis et le Royaume-Uni, qui prévoit le maintien de l’archipel des Chagos sous souveraineté britannique, ce qu’ils considèrent comme un obstacle juridique à la mise en œuvre de l’accord avec Maurice.
Pour leur part, les autorités mauriciennes ont affirmé que les canaux de communication demeurent ouverts avec le gouvernement travailliste britannique, indiquant que le dialogue politique et diplomatique se poursuit entre les deux parties, et exprimant l’espoir de parvenir rapidement à un règlement mettant un terme à ce dossier.
Cette évolution intervient alors que le président américain Donald Trump a qualifié, le mardi 20 janvier, le traité de restitution des îles Chagos de « grave erreur ».
L’affaire revêt en outre une dimension stratégique supplémentaire, dans la mesure où l’île de Diego Garcia, la plus grande de l’archipel des Chagos, abrite une base militaire américaine d’une importance capitale, une question que l’accord n’aborde pas directement.






