Armée du Soudan du Sud: Civils Priés de Quitter L’Opposition

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Armée du Soudan du Sud: Civils Priés de Quitter L’Opposition
Armée du Soudan du Sud: Civils Priés de Quitter L’Opposition

Africa-Press. L’armée sud-soudanaise a fixé un délai de 48 heures pour l’évacuation des civils ainsi que des employés des organisations humanitaires et des Nations unies des zones tenues par l’opposition armée dans l’État de Jonglei, en vue d’une opération militaire de grande envergure.

Dans une déclaration vidéo, le porte-parole de l’armée, le général Lul Ruai Koang, a annoncé que tous les employés des ONG et de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud doivent quitter les comtés de Nyirol, Uror et Akobo, affirmant que les civils doivent se rendre immédiatement dans des zones contrôlées par le gouvernement « pour leur propre sécurité ». Il a indiqué que l’armée se prépare à lancer une opération baptisée « Paix permanente » contre les forces du SPLM-Opposition. Koang a ajouté que tout civil armé présent à proximité des camps ou des rassemblements de l’opposition serait considéré comme une « cible militaire légitime » et a exhorté les habitants à remettre leurs armes à l’armée et à se déplacer avec leurs familles et leur bétail vers des zones gouvernementales.

De son côté, la Mission de l’ONU au Soudan du Sud (UNMISS) a exprimé son inquiétude face à des informations selon lesquelles des officiers auraient incité les troupes à attaquer des civils dans l’État de Jonglei, rappelant qu’au moins 180 000 personnes ont déjà été déplacées en raison de la reprise des affrontements entre les parties signataires de l’accord de paix de 2018.

Contexte du conflit

Le Soudan du Sud est le plus jeune État du monde, né en 2011 après un référendum d’indépendance vis-à-vis du Soudan. Mais en décembre 2013, le pays a sombré dans la guerre civile, après un différend entre le président Salva Kiir Mayardit et son vice-président d’alors, Riek Machar, accusé par Kiir de tentative de coup d’État.

Malgré les accords de paix signés en 2018 et 2022, le pays demeure en proie à une instabilité politique et sécuritaire persistante. En février dernier, la milice dite « Armée blanche » — composée majoritairement de membres de l’ethnie Nuer fidèles à Machar — a pris le contrôle d’une ville dans l’État du Haut-Nil, poussant les autorités à arrêter plusieurs généraux et ministres liés à l’opposition.

Machar et plusieurs dirigeants de l’opposition arrêtés font face à des accusations graves, notamment meurtre, trahison, crimes contre l’humanité, ainsi que complot, financement d’activités « terroristes », destruction de biens publics et militaires, et incitation à la violence dans le comté de Nasir.

Selon les observateurs, les événements de Jonglei illustrent la fragilité de la situation politique et sécuritaire au Soudan du Sud, où conflits ethniques et rivalités politiques s’entrecroisent avec une crise humanitaire persistante, dans un contexte de crainte qu’une offensive militaire imminente ne provoque une nouvelle vague de déplacements et n’aggrave les souffrances civiles.

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