Africa-Press. Le chef de l’opposition au Zimbabwe, Nelson Chamisa, a annoncé officiellement son retour sur la scène politique après près de deux ans d’absence, une initiative qui rebat les cartes du paysage politique national à l’approche des prochaines échéances constitutionnelles et alors que le débat sur l’avenir du pouvoir s’intensifie.
Cette annonce intervient après l’échec de Chamisa à l’élection présidentielle de 2023, suivi en 2024 de sa rupture avec la « Coalition des citoyens pour le changement » (CCC) qu’il dirigeait. Il avait alors justifié son retrait en accusant la CCC d’avoir été infiltrée par le parti au pouvoir, la Zanu-PF, ce qui l’aurait, selon lui, privée de sa capacité à agir comme une véritable opposition.
Lors d’une conférence de presse à Harare, Chamisa, pasteur évangélique âgé de 47 ans et ancien ministre de l’Information et des Communications, a expliqué que son retour était dicté par un « devoir national », déclarant:
« Je me tiens devant vous à un moment crucial de l’histoire de notre pays, après deux ans d’éloignement de la scène politique, pensant que d’autres prendraient le relais. Mais personne ne l’a fait, et j’ai donc ressenti le devoir de revenir, pour servir notre nation, nos citoyens et notre avenir. »
Contrairement aux attentes, Chamisa n’a pas annoncé la création d’un nouveau parti politique, mais le lancement d’un mouvement populaire baptisé « Agenda 2026 », sans fournir à ce stade de détails précis sur son organisation ou son programme. Ce choix a suscité interrogations et critiques de la part d’observateurs qui estiment que l’absence de structures claires pourrait limiter l’efficacité de la démarche.
Au contraire, l’ancien porte-parole de Chamisa, Nkululeko Sibanda, a défendu cette approche, affirmant que le choix d’un mouvement plutôt qu’un parti visait à éviter l’infiltration politique.
« À mon avis, il revient via un mouvement pour répondre à la question des infiltrations de la Zanu-PF. À travers ce mouvement, il pourra identifier les bonnes personnes avec lesquelles travailler. Les partis politiques sont plus faciles à infiltrer alors que, dans un mouvement, on ne sait pas forcément qui fait quoi et quand », a expliqué Sibanda.
Le retour de Chamisa intervient alors que la Constitution zimbabwéenne prévoit des élections générales en 2028. Toutefois, la Zanu-PF est de plus en plus critiquée pour sa volonté de modifier la Constitution afin de permettre au président Emmerson Mnangagwa de prolonger son mandat jusqu’en 2030, une mesure que l’opposition considère comme une tentative de contourner les limites constitutionnelles et de prolonger le maintien au pouvoir.
Le retour de Chamisa apparaît ainsi comme le signe d’une nouvelle phase politique susceptible de renforcer le camp de l’opposition dans un contexte de tensions persistantes entre gouvernement et opposants, et d’un débat croissant sur l’avenir de la démocratie et de la transition politique au Zimbabwe.





