Africa-Press. La police nigériane a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants à Lagos protestant contre des opérations de démolition ayant visé le quartier flottant de Makoko, l’un des plus grands bidonvilles flottants d’Afrique.
Des sources locales ont indiqué que les démolitions ont entraîné le déplacement de milliers d’habitants dont les maisons, construites sur pilotis au-dessus de l’eau, ont été détruites.
Les autorités de l’État de Lagos, appuyées par la police et des bulldozers, procèdent à la démolition de logements qu’elles affirment avoir été construits « illégalement » à proximité de lignes électriques à haute tension.
Plus de 1 000 habitants en colère et familles affectées ont marché jusqu’au bâtiment de l’Assemblée de l’État de Lagos pour exprimer leur indignation face aux démolitions. Les manifestants ont refusé d’obéir à l’ordre de dispersion de la police et ont exigé à la place d’être adressés par le gouverneur de l’État de Lagos, dont le bureau se trouve à proximité. En conséquence, la police a lancé des gaz lacrymogènes pour disperser le rassemblement, ce qui a blessé une personne à la jambe, laquelle a été transportée à l’hôpital.
Des responsables de l’État de Lagos, assistés par une police armée et des engins de démolition, avaient procédé à la destruction de maisons dans le quartier informel de Makoko, à la périphérie de la capitale commerciale, au motif que les habitants avaient construit leurs logements de manière illégale — pour la plupart des cabanes en bois érigées sur pilotis au-dessus de l’eau — à proximité de lignes électriques à haute tension.
Makoko trouve ses origines dans un village de pêche vieux de plus de 100 ans, et des organisations estiment sa population entre 80 000 et 200 000 habitants.
Lagos, dont la population dépasse 20 millions d’habitants, est confrontée à une grave crise du logement qui favorise l’expansion des établissements informels.





