Africa-Press. L’Algérie a lancé un nouveau satellite dédié à l’observation terrestre à haute résolution, le deuxième de ce type en moins de deux semaines et le sixième au sein de la constellation satellitaire algérienne initiée en 2002. Ce lancement renforce les capacités du pays dans le domaine spatial et de la surveillance satellitaire, et contribue au soutien et au développement des capacités nationales, tant civiles que militaires.
Le satellite « Alsat B3 » a été lancé avec succès à l’aube de ce samedi depuis la base de lancement de Jiuquan, dans le nord-ouest de la Chine. Dans un communiqué, le ministère algérien de la Défense a indiqué que le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général d’armée Saïd Chengriha, a suivi l’opération depuis la station terrestre de télédétection située près de la capitale Alger, « dans le cadre de la poursuite du renforcement et du développement des capacités nationales en matière de surveillance spatiale et de l’achèvement de la structuration du système d’observation terrestre à haute résolution ». Le ministère a qualifié l’événement de « réalisation remarquable et nouvelle étape sur la voie de la construction de l’Algérie nouvelle ».
L’Agence de presse Xinhua a rapporté que le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, lors d’un échange de félicitations avec son homologue chinois Xi Jinping à l’occasion du lancement du satellite algérien de télédétection, a déclaré que « ce lancement réussi constitue une nouvelle réalisation concrète de la coopération aérospatiale entre l’Algérie et la Chine, ainsi qu’un nouveau jalon dans le développement des relations bilatérales, contribuant à élargir les perspectives de coopération entre les deux parties ». Il a ajouté que l’Algérie est prête à poursuivre l’approfondissement du partenariat stratégique global avec la Chine.
À la même occasion, le président chinois a affirmé que « le projet du satellite algérien de télédétection, intervenu après le lancement d’un satellite algérien de télécommunications, représente un nouveau succès de la coopération sino-algérienne dans le domaine aérospatial et une manifestation importante du partenariat stratégique global entre la Chine et l’Algérie ». Il a souligné que les relations sino-algériennes ont connu des progrès notables ces dernières années, grâce au renforcement continu de la confiance politique mutuelle et d’une coopération pratique fructueuse, ajoutant qu’il « accorde une grande importance au développement des relations bilatérales et entend travailler avec le président Tebboune pour enrichir davantage le partenariat stratégique global au bénéfice des deux pays ».
Le chef d’état-major de l’armée algérienne a indiqué que ce projet bénéficie de l’attention et du suivi des plus hautes autorités, saluant les efforts de l’Agence spatiale algérienne et des compétences de l’armée ayant contribué à la réalisation de ces projets. Il a également salué le soutien chinois et appelé les cadres algériens travaillant à la station à « exploiter de manière optimale les connaissances et l’expertise acquises, afin d’assurer une maîtrise efficace de ces satellites, non seulement en matière d’exploitation et de surveillance de leurs différents sous-systèmes, mais aussi dans la poursuite du développement de la technologie spatiale en Algérie », selon le communiqué du ministère de la Défense.
Le lancement du satellite « Alsat B3 » intervient moins de deux semaines après le succès du lancement du satellite « Alsat A3 » à haute résolution, le 15 janvier courant, destiné à l’observation dans le domaine du renseignement et de l’information géospatiale à valeur ajoutée, tels que les cartes et les modèles numériques d’élévation. Le satellite lancé aujourd’hui est le sixième du genre depuis le premier satellite algérien, « Alsat 1 », lancé en novembre 2002 en coopération avec le Centre spatial britannique depuis une base spatiale en Russie, en présence de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, pour un coût de 11 millions de dollars américains.
En juillet 2010, l’Algérie a lancé le satellite « Alsat-2A » depuis le centre spatial Satish Dhawan, à Sriharikota près de Chennai, en Inde. Doté d’une capacité d’imagerie à haute résolution, il a permis d’obtenir des images plus détaillées contribuant à la lutte contre la désertification, à la protection de l’environnement et à la détection des séismes et des catastrophes majeures, notamment après plusieurs catastrophes naturelles ayant touché différentes régions du pays, dont les inondations de Bab El Oued à Alger en novembre 2001 et le séisme de Boumerdès en mai 2003.
Cela a été suivi par le lancement du satellite « Alsat 2B » en 2016. En décembre 2017, le satellite « Alcomsat-1 », dédié aux télécommunications spatiales, a été lancé. Il est contrôlé par les ingénieurs de l’Agence spatiale algérienne depuis une salle de contrôle centrale à Boughezoul, dans la wilaya de Médéa, à 160 kilomètres au sud d’Alger, ainsi qu’une seconde salle à Bouchaoui, dans la capitale, pour l’exploitation des systèmes de télécommunications.
L’Algérie s’emploie à mettre en œuvre le « Programme spatial algérien 2040 ». En décembre 2018, elle a promulgué la première loi encadrant les activités spatiales. En août 2021, les autorités algériennes ont eu recours aux images satellitaires pour surveiller la cartographie des incendies ayant touché 16 wilayas, notamment dans l’est du pays.





