Africa-Press. Un sommet tripartite réunissant le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh et le président somalien Hassan Sheikh Mohamud s’est tenu samedi à Jijiga, capitale de la région somalie d’Éthiopie (Ogaden).
Le sommet a porté sur les moyens de renforcer la coopération et la coordination entre les trois pays sur les questions d’intérêt commun, avec un accent particulier sur l’élargissement de la coopération économique, le développement des projets d’interconnexion et d’infrastructures, ainsi que le renforcement de la coordination sécuritaire.
La tenue de ce sommet a coïncidé avec l’inauguration de plusieurs projets de développement dans la région somalie d’Éthiopie, notamment le projet touristique de Shabelle et le projet Ayesha de production d’électricité éolienne. Ces projets s’inscrivent dans un ensemble d’investissements de développement estimés à environ 10 milliards de dollars réalisés récemment dans la région.
Des investissements prometteurs
Parmi ces investissements figure le lancement d’une usine d’engrais par le milliardaire nigérian Aliko Dangote, qui devrait placer l’Éthiopie parmi les cinq plus grands producteurs d’engrais en Afrique, ainsi que l’inauguration de la raffinerie de Gode, destinée à transformer le gaz brut extrait du bassin de l’Ogaden en produits pétroliers.
Lors des cérémonies d’inauguration, le Premier ministre Abiy Ahmed a souligné que l’expérience de la région somalie d’Éthiopie constitue un modèle digne d’intérêt, notant la réussite de sa transformation d’une zone marquée par les conflits en un espace de développement dynamique.
Il a expliqué que cette expérience démontre que le développement est possible dans toute région d’Éthiopie lorsque les conditions de paix sont réunies, qualifiant les réalisations accomplies de grande victoire pour les habitants et les dirigeants de la région dans leur transition de la guerre vers la stabilité et le développement.
De son côté, le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a affirmé la volonté de son pays de jouer un rôle actif dans les partenariats liés aux projets énergétiques menés par l’Éthiopie, soulignant la nécessité pour la Somalie de partir de là où les autres se sont arrêtés, en tirant profit de la longue expérience éthiopienne dans ce domaine.
Un impact régional
Il a précisé que les projets énergétiques éthiopiens ne se limitent pas à leurs effets internes, mais s’étendent aux pays voisins, contribuant ainsi à la mise en place d’un réseau régional d’interconnexion favorisant une prospérité partagée dans la Corne de l’Afrique.
Pour sa part, le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh a souligné que l’intégration du développement entre les peuples de la Corne de l’Afrique constitue la voie la plus durable vers la stabilité et la croissance régionales.
Il a ajouté que le projet touristique de Shabelle dépasse le simple cadre d’une infrastructure touristique, portant un message civilisationnel et de développement, en tant que plateforme mettant en valeur la richesse culturelle et patrimoniale du peuple somali.
Commentant le sommet, le chercheur en affaires africaines Jaber Ali a estimé que la visite des présidents de Djibouti et de Somalie — tous deux issus de la communauté somalie — à Jijiga, dans un contexte de large mobilisation populaire, reflète une évolution de la vision de l’État éthiopien à l’égard du rapprochement somali transfrontalier.
Un modèle de stabilité
Dans une déclaration à Al Jazeera Net, il a expliqué que ce rapprochement n’est plus perçu avec méfiance comme auparavant, mais désormais comme une opportunité stratégique pour renforcer la communication régionale, dans le cadre d’une vision considérant la diversité ethnique de l’Éthiopie comme une source de richesse et de puissance régionale, ainsi qu’un moteur économique et de développement favorisant les partenariats avec les pays voisins.
De son côté, l’analyste politique éthiopien Ali Omar a indiqué que la région somalie d’Éthiopie, historiquement associée aux conflits et à la fragilité, est aujourd’hui présentée comme un modèle de stabilité et de développement après des décennies de marginalisation.
Il a précisé à Al Jazeera Net que la relation entre la région et le pouvoir central reposait traditionnellement sur un contrôle étroit et une intervention directe, mais qu’au cours des huit dernières années, une approche différente a été adoptée, fondée sur le renforcement de la confiance et l’octroi d’une plus grande autonomie administrative, contribuant ainsi à instaurer le calme, la stabilité et un environnement propice à l’attraction des investissements et à la mise en œuvre de grands projets de développement.





