Africa-Press. La police de la capitale fédérale du Nigeria a confirmé le retour à leurs domiciles de dizaines de personnes enlevées par des hommes armés dans l’État de Kaduna, au nord du pays, après plusieurs semaines de captivité.
Les personnes concernées faisaient partie des 177 fidèles kidnappés le mois dernier dans trois églises du village isolé de Kurmin Wali. Selon un correspondant de la BBC au Nigeria, citant le porte-parole de la police de l’État, Mansour Hassan, quatre-vingts otages ont réussi à s’enfuir le jour même de leur enlèvement, avant de se cacher dans des villages voisins pendant deux semaines par crainte d’être repris.
Les autorités ont indiqué que les efforts se poursuivent pour obtenir la libération des 86 personnes toujours détenues. Cette attaque s’inscrit dans une vague d’enlèvements contre rançon touchant plusieurs régions du Nigeria, sans qu’aucun groupe n’en revendique la responsabilité.
Le Nigeria annonce la mort d’un chef de Boko Haram
L’armée nigériane a annoncé la mort d’un haut commandant de Boko Haram, ainsi que de dix autres combattants, lors d’une opération nocturne menée dans l’État de Borno, au nord-est du pays.
Selon l’armée, le chef tué, connu sous le nom d’Abou Khaled, était le numéro deux de Boko Haram dans la forêt de Sambisa. Dans un communiqué, l’armée a indiqué qu’« Abou Khaled était une figure clé de la hiérarchie du groupe terroriste, chargé de la coordination des opérations et de la logistique dans la région de Sambisa ».
L’armée a précisé qu’aucune perte n’a été enregistrée dans ses rangs et que les opérations de ratissage se poursuivent dans la forêt de Sambisa, les monts Mandara, le triangle de Tombouctou et d’autres bastions connus de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest.
Le Nigeria combat Boko Haram et sa faction dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest, depuis plus de dix ans, un conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes dans la région du bassin du lac Tchad.
Par ailleurs, la police nigériane a indiqué que des hommes armés ont attaqué dimanche un poste de police et une église dans le centre du pays, enlevant cinq personnes. La région avait déjà été le théâtre de l’enlèvement de plus de 250 élèves d’une école catholique fin 2025.
L’attaque s’est produite à l’aube dans la région d’Agwara, où près de 300 élèves avaient été kidnappés lors d’un rapt collectif en novembre. Ces violences interviennent alors que le Nigeria connaît une recrudescence marquée des enlèvements.
Début décembre, les autorités avaient obtenu la libération de cent élèves enlevés dans une école catholique, mais le sort des autres demeure inconnu. Il s’agit de l’une des plus importantes prises d’otages collectives de l’histoire du pays.
Concernant l’attaque de dimanche, la police a déclaré que « vers 3 h 40 (2 h 40 GMT), des hommes armés ont envahi la zone d’Agwara et attaqué le poste de police, probablement à l’aide de dynamite pour y mettre le feu après avoir neutralisé les agents ». Elle a ajouté que « les assaillants se sont ensuite rendus à l’église méthodiste unie, où ils ont incendié une partie du bâtiment, avant d’enlever environ cinq personnes dans d’autres zones ».
Washington exerce par ailleurs des pressions diplomatiques sur Abuja au sujet de ces violences, qualifiées par le président américain Donald Trump de « génocide » et de « persécution » visant les chrétiens.





